C'est par un décret impérial du 27 février 1867 que la rue de la Barrière des Gobelins prit le nom de rue Fagon et que la rue des Deux-Moulins prit celui de rue Jenner.
A son inauguration, le pont de Tolbiac présentait une longueur totale de 295 mètres.
Le Paris-Soir du 24 octobre 1932 rapportait que, rue de la Glacière, un magasin de jouets affichait sur sa porte cette pancarte : « Ici on remplace les mauvaises têtes » et commentait en écrivant : « Quel dommage que cette chirurgie miraculeuse ne puisse encore s'appliquer qu'aux belles poupées de porcelaine rose ! »
La nommée Louise G..., blanchisseuse, âgée de 25 ans, a tenté hier de se
suicider en se jetant dans la Bièvre, à l’angle de la rue des
Gobelins. Retirée aussitôt par le nommé Jean Joseph, tanneur, elle a été portée
au poste des Gobelins, où elle a reçu les premiers soins, et de là en voiture à
l’hôpital de la Pitié.
Vol de poires au jardins des Gobelins - 1873
Vol de poires au jardins des Gobelins
Le Journal des débats politiques et littéraires — 5 septembre 1873
La manufacture nationale des Gobelins a pour annexe un immense jardin avec
potager et verger où les fruits sont cultivés cum arte d'après les bonnes
traditions et selon la méthode de La Quintinie. Il y a là des pêches qui
rivalisent avec celles des fameux espaliers de Montreuil et des poires qui, pour
la grosseur et le fondant, n'ont rien de comparable.
L'avant-dernière nuit, des malfaiteurs ont pénétré l'aide d'escalade et
d'effraction, dans le verger et l'ont dévalisé. Ils ont emporté notamment 500
poires magnifiques en pleine maturité.
Ces déprédateurs ont causé encore, plus de dommage par ce qu'ils ont brisé et
détruit que par ce qu'ils ont emporté.
Le commissaire de police du quartier Croulebarbe a immédiatement commencé une
enquête, et les indices recueillis permettent d'espérer que les coupables ne
tarderont pas à tomber entre les mains de la justice.
Lu dans la presse...
La place Paul Verlaine - F Bournon - 1905
La place Paul Verlaine
Le Journal des débats politiques et littéraire —22 novembre 1905
Une délibération municipale, approuvée par un arrêté préfectoral que
ratifia, le 28 juillet dernier, un décret présidentiel, a donné le nom de
Paul Verlaine à une place sise à Paris dans le 13e arrondissement, à
l'intersection des rues Bobillot, du Moulin-des-Prés et de la
Butte-aux-Cailles. Nul n'y a contredit, si ce n'est peut-être quelque vieux
sergent de ville ayant eu occasion d'offrir son bras un peu rudement au
poète trébuchant, et que cet honneur posthume aura surpris. De même,
qu'auraient dit les archers du guet qui eurent souvent mission d'appréhender
maître François Villon, s'ils avaient vu, un beau jour, son nom inscrit aux
coins d'une rue de la ville ! Cette stupeur leur fut épargnée, car si Villon
figure dans la Nomenclature des voies publiques de Paris — et c'est justice
— ce n'est que depuis 1897 il aura pausé bien plus longtemps que
Verlaine.
La place Paul Verlaine vers 1910.
À vrai dire, pour celui-ci, son affaire n'est pas encore réglée. En dépit
des arrêtés et décrets, l'entrepreneur des plaques émaillées de la Ville, —
qui sans doute appartient à une autre école poétique que feule pauvre
Lélian, — fait la sourde oreille. Nous eûmes, l'autre jour, la curiosité de
nous transporter au carrefour précité et là où nous comptions lire :
Place Paul-Verlaine, conformément aux volontés municipale, préfectorale
et présidentielle, nous fûmes tout simplement Place du Puits-Artésien,
inscription à un exemplaire unique, dominant un square minuscule qui â lai
seul constitue la place, car les maisons environnantes appartiennent toutes
aux rues qui la bordent.
Ces réserves faites, il faut convenir qu'on :ne pouvait trouver meilleur
emplacement. Les choses et les êtres ont leurs affinités, même dans
l'au-delà. On imagine malaisément une place Paul-Verlaine au quartier du
parc Monceau à la butte aux Cailles elle se trouve à l'aise, dans un double
élément de poésie mélancolique et de vie miséreuse, où trop souvent le
second élément se complique de vice, vice brutal et effronté des gens qui
font bon marché de l’existence, la leur et celle des autres.
Mais n'y voyons que la poésie. À cet égard, oh ! l'étrange quartier, qui
s'est donné à lui-même, sans fausse honte, le triste et joli nom de
« faubourg souffrant » et avant que l'édilité y pourvût, avait baptisé ses
rues de noms pittoresques le Moulin-des-Prés, la Butte-aux-Cailles, la
ruelle des Reculettes, la rue Croulebarbe, la rue des Peupliers, le
Champ-de-l'Alouette, Lourcine, ou de vocables d'une ironie gaie : rue du
Château-des-Rentiers, rue du Dessous-des-Berges, rue des Cinq-Diamants et
naguère, rue de la Coupe-des-Terres-au-Curé.
Jusqu'à 1860, ce territoire appartenait mi-partie à la Commune d'Ivry,
mi-partie à celle de Gentilly. Il fut alors annexé à Paris, dont il
constitua le 13e arrondissement, et ce fatidique chiffre 13 est encore une
preuve qu'aux pauvres gens tout est peine et misère. Voici comment dans le
remaniement et l'agrandissement du plan de Paris rendus nécessaires par
l'annexion, le 13e arrondissement était d'abord attribué aux communes
annexées de Passy et d'Auteuil. Le Syndicat de propriétaires qui s'occupait
alors de bâtir l’opulent quartier des abords de la porte Dauphine, réclama
si vivement auprès d'Haussmann contre le mauvais sort que lui vaudrait an
tel chiffre qu’il fallut tout changer au dernier moment. Le-faubourg
souffrant, lui, ne protesta pas ou s'il le fit, ce fut comme s'il chantait.
C'est à la Bièvre, qu’il doit son charme si spécial, — celui d'une jolie
fille on haillons, — et leurs destinées furent semblables pures à l'origine
et souillées au contact des humains. Qui n'a admiré la vallée de la Bièvre,
là-haut, du côté de Buc et de Jouy-en-Josas Il n'est pas de plus riant décor
aux environs de Paris. La petite rivière descend lentement et comme à regret
vers la grande ville. À mesure qu'elle s'en approche, le tableau change, et
s'enlaidit. A l'herbe des prairies, ont succédé de grandes bâtisses
manufacturières qui transforment l'eau limpide en un liquide noirâtre, et
c'est dans cet état que le pauvre ruisseau entre timidement dans Paris, qui
achève de le corrompre et d'en faire un égout.
Des poètes l'ont chanté, cependant, mais en prose Delvau en a fait sa
Voulzie, à lui Hugo a conduit Marius et ses angoisses amoureuses dans le
champ voisin de l'Alouette. M. Huysmans lui a consacré une Étude
frissonnante, qu'on dirait écrite avec un scalpel. Nous le répétons, la
mémoire de Verlaine est bien à sa place sur ces rives, qui offrent le reflet
de son existence, faite de misère et de poésie.
Fernand Bournon.
Fernand Auguste Marie Bournon (1857-1909 était
archiviste et historien spécialiste de l'histoire de Paris. Il est l'auteur
de Paris, Histoire - Monuments - Administration - Environs de Paris, paru en 1888, du Paris-Atlas paru chez Larousse
en 1900.
Accrochée au boulevard Blanqui, la rue des Cinq-Diamants escalade la Butte-aux-Cailles. Rue morne et sans fantaisie, elle aligne, le long de maigres trottoirs, une vulgarité perspective de maisons lisses, crises, mornes, trouée, çà et là, par les contrevents vert pomme d'un bar ou par la façade blanchie à la chaux d'un meublé pauvre.
La petite cité aux rues tortueuses qui, village dans la ville, se tasse entre la place Paul-Verlaine et le boulevard Auguste-Blanqui, bourdonne ce matin d'un naturel émoi.
Les inspecteurs de la brigade spéciale poursuivent avec activité, mais sans résultats réellement intéressants, leur enquête sur l'assassinat dont fut, lundi, la victime le mystérieux Yougoslave Joseph Werner.
À deux pas de la porte d'Italie, dans un grand espace situé rue Bobillot, se trouve une succession de masures misérables qui furent habitées, il y a une vingtaine d'années, par des nomades africains, prompts à jouer du couteau. (1910)
Les quartiers pauvres et populeux de Paris sont négligés ou dédaignés par l'administration, tandis que les quartiers élégants sont « embellis » à grands frais. Cette iniquité, à laquelle personne ne songe, et dont beaucoup de citoyens ont malheureusement à souffrir, a fini par provoquer les plaintes légitimes des habitants du 13e arrondissement, c'est-à-dire du coin abandonné qui comprend la route d'Italie, les Gobelins, la Bièvre et la Butte-aux Cailles. (1869)
La cour des Miracles était hier soir en grand émoi ; elle avait transporté cahin-caha, béquillant et gesticulant, ses pénates dans le quartier de la Gare, rue Nationale, tout là-bas, au bout de Paris, près de la barrière d'Italie. Il faut dire que le 13° arrondissement a un maire, M. Thomas, « qui fait des économies sur les fonds alloués par la Ville au service de bienfaisance, et qui, cette année, a rendu 50,000 francs à l'Assistance publique ». (1897)
Au moment où le service de statistique municipale constatait avec satisfaction une décroissance notable de la mortalité dans Paris, une épidémie éclatait dans un quartier excentrique et y jetait l'effroi. Le quartier contaminé est celui de la Maison-Blanche, situé dans le treizième arrondissement, sur les bords de la Bièvre. (1890)
Il paraît décidé qu'on conservera pieusement les ruines de la Cour des Comptes, comme souvenir de 1871. Mais il est un autre monument, également ruiné par la Commune et dont la vue séduit beaucoup moins : la façade de la manufacture des Gobelins « provisoirement » remplacée par une construction en platras et une palissade en planches. (1891)
Souvent nous avons parlé de cette gentille œuvre la Mie de Pain, qui a rendu depuis six ans de si grands services aux pauvres de la Maison-Blanche. (1897)
Sur l'emprunt de 900 millions, dont la majeure partie doit servir à exécuter dans Paris de grands travaux de voirie (ce qui n'exclut pas ceux qui ont été décidés antérieurement à l'adoption de ce vaste plan de campagne), les quatre quartiers du treizième arrondissement auront une assez forte part. (1910)
Au service hydrométrique, on escompte la cote de 5m. 20 à Paris-Austerlitz d'ici à lundi matin et on espère qu'elle ne sera pas sensiblement dépassée. (1910)
Dans la soirée d'hier, vers six heures et demie, une conduite d'eau passant à la poterne des Peupliers, près du boulevard Kellermann, dans le treizième arrondissement, s'est rompue brusquement. (1912)
Ainsi que nous le faisions pressentir, M. Rousselle, conseiller municipal du quartier de la Maison-Blanche (treizième arrondissement), président du conseil municipal de Paris, a succombé hier matin à la maladie qui, depuis un certain temps, le tenait éloigné de l'Hôtel de Ville. (1896)
Le conseil ayant décidé, en 1899, après de lentes et nombreuses études, de faire procéder à la couverture de la Bièvre « dont les émanations exercent une influence fâcheuse sur la santé des riverains... (1907)