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SIXIEME ANNÉE N°4963

 

176ème jour de l'année

   


Dimanche
24
Juin 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 UN COIN DU BOULEVARD EN TRAIN DE SE MODIFIER - 1897

PARIS QUI S'EN VA

UN COIN DU BOULEVARD
EN TRAIN DE SE MODIFIER

Fini, le café Riche — Maison de rapport —Quinze mois de poussière — Hier et aujourd'hui — Types disparus.

Un coin de Paris (du vrai Paris boulevardier) va être complètement modifié. C'est celui où est installé le café Riche, formant l'angle du boulevard des Italiens et de la rue Le Peletier.

Le vaste immeuble qui s'élève à cet endroit est la propriété d'une compagnie d'assurances qui l'occupe presque entièrement pour le service de ses bureaux. Or cette société financière, qui est également propriétaire de l'immeuble contigu, 3, rue Le Peletier, ayant jugé que ses locaux sont fort mal disposés et, que ses immeubles lui pourraient rapporter davantage en recevant une autre destination, a décide de les faire démolir complètement pour reconstruire sur leur emplacement une bonne maison de rapport, une maison qui réalisera l'idéal du bâtiment moderne, avec tous les perfectionnements la construction américaine : une maison, de Chicago à Paris. Les travaux seront commences dans les premiers jours de l'année prochaine.

La démolition et la reconstruction sont prévues pour une période de quinze .mois. Voilà qui nous promet de la poussière pour un long temps. La pioche ne respectera rien, rien, pas même les décorations murales du café Riche Ce ne sera pas une perte pour l'art décoratif. Voilà qui nous rassure.

Cette partie du boulevard a eu les fortunes les plus diverses. On s'y amusait joyeusement autrefois, alors que le boulevard était encore le rendez-vous des Parisiens de Paris, c'est-à-dire avant l'invasion des provinciaux et des rastaquouères. Il y avait là non seulement le café Riche, qui va disparaître à son tour… pour un temps du moins, et dont la création remonte à la Révolution, mais encore d'autres établissements aussi célèbres. La période la plus brillante de ce morceau de Paris fut celle de 1840 à 1848. Nous ne reviendrons point sur l'histoire du café Riche, que nous avons narrée il' y a quelques mois; mais parlons des autres.

Autrefois.

L'ancien café de Paris était situé non loin de là, au coin de la rue Taitbout. Après l'heure du dîner, les habitués du célèbre restaurant où l'on mangea pour la dernière fois de bonne cuisine se mêlaient à ceux du café Hardi et du café Riche. Et quels étaient ces habitués ? Des jeunes bambocheurs, des libertins, des noctambules mais quels bambocheurs quels libertins et quels noctambules Alfred de Musset, Véron, Méry, le marquis de Hailays, Romieu, Roger de Beauvoir, lord Seymour et tant d'autres qui, depuis. C'est là que Véron attendait l'aurore pour se coucher.

Le.café Hardi était situé tout à côté du Café Riche. Il avait pour, clients assidus tous les brillants rédacteurs du National, dont les bureaux étaient situés précisément dans la rue Le Peletier. On y voyait Armand Marrast, Clément Thomas, le baron Dornés, Gérard de Nerval et, de temps à autre, le grave Louis Blanc. Ah ! c'était bien le « boulevard » que le boulevard des Italiens ! Aussi disait-on qu'il fallait être riche pour diner au café Hardi et hardi pour dîner au café Riche.

Mais le temps ne respecte rien. Disparue ou plutôt modifiée aussi, l'ancienne maison de lord Seymour, située à l'autre coin angle de la rue Lafitte remarquable par son vaste perron. Il y avait là certain bureau de tabac où les élégants du boulevard allaient acheter leurs cigares. L'histoire ajoute qu'Alfred de Musset y allait deux fois par jour, attiré par certaine jolie personne, dont les yeux flamboyants avaient une attraction particulière.

Originaux célèbres.

C'est aussi en ce coin de Paris que l'on rencontrait et qu'habitaient deux originaux fort célèbres dans les annales du boulevard: le Persan est le major Fraser. Le premier portait une robe chamarrée. Il était coiffé d'un bonnet pointu en fourrure d'astrakan. Il vécut fort longtemps à Paris.

On le voyait dans les théâtres et dans les cafés. On ne lui connaissait pas de nom. Il ne parla jamais à personne et mourut sous le second Empire, très estimé de sa concierge.

L'autre portait un pantalon gris clair à la cosaque et une redingote unique, serrée à la taille. Il portait aussi de longues cravates de foulard à pois, dont il faisait un noeud, énorme qui lui couvrait toute la poitrine.

On le disait russe. Mais Nestor Roqueplan affirmait qu'il était espagnol.

Aujourd'hui, ces vrais types boulevardiers ont disparu. Le boulevard n'est plus le boulevard et, si, d'aventure, quelque original exotique y attire l'attention, soyez certain que c'est un de ceux pour qui M. Darlan a écrit sa circulaire sur le port des décorations étrangères.

Le Matin - 17 oct. 1897

L'actualité dramatique

 Un drame montmartrois

Un drame montmartrois.

Ils se connaissaient depuis leur enfance la plus tendre, et les habitants du versant nord de la butte Montmartre se souviennent fort bien de les avoir vu jouer tous deux « au petit mari et à la petite femme » derrière les contreforts de la rue Saint- Vincent.

Ils s'étaient dit « Quand nous aurons l'âge, nous nous marierons pour de vrai. »

Paul Balbien a aujourd'hui seize ans; il habite, 4, rue Leibniz. Sa petite amie, Marie Baillon, a quinze ans ; elle demeure, avec ses parents, au n° 37 de la rue des Saules. Le jeune garçon n'avait pas tardé à se lier avec tous les petits voyous de Montmartre et autres lieux circonvoisins Des Grandes-Carrières à la Goutte-d'Or, on ne le connaissait pas très avantageusement que sous le sobriquet de Paulot.

Bref, l'année dernière, le précoce Paulot devenait l'amant d'une petite gourgandine de Montmartre, Berthe Chapuzot, qu'il rouait de coups matin et soir, histoire de s'entretenir la main, comme ses aînés du boulevard extérieur.

Il y a un mois, fatiguée de l'existence abominable que Paulot lui faisait et ayant appris que Marie Bâillon soupirait toujours tendrement pour son ami d'enfance, Berthe Chapuzot alla trouver la jeune fille et lui proposa de la mettre sur l'heure en possession du cœur de Balbien. Elle-même serait bien débarrassée. Marie accueillait cette proposition avec joie. L'était une jolie fille maintenant. Elle posait chez le peintre Dubufe, avenue de Villiers, et chez plusieurs autres artistes de Montmartre. Eu somme, elle gagnait sa vie comme modèle.

Berthe lui ménagea un rendez-vous avec Paul et lui abandonna gaiement son amant. Le petit modèle ne tarda pas à se repentir de sa folie. Paul Balbien obligea bientôt la jeune Marie à poser l'ensemble pour des messieurs vieux souvent qui n'étaient pas des peintres, et, lorsque la pauvrette refusait, les coups pleuvaient sur ses chétives épaules.

Un soir que la jeune fille et une de ses amies se trouvaient en compagnie d'un monsieur occupant une belle situation, Balbien s'était précipité sur lui en s'écriant Misérable vous accostez mes sœurs pour les déshonorer Vous ne savez donc pas qu'elles sont mineures ?

Et le monsieur, afin d'éviter un scandale, avait été obligé de dénouer les cordons de sa bourse.

Sur le conseil des peintres ses amis, Marie Baillon se décida à quitter le hideux Paulot.

Samedi dernier, elle ne voyait pas Paul Balbien. Ce dernier allait l'attendre, avenue de Clichy, et lui portait un coup de couteau au bras droit.

La victime n'osait déposer une plainte. Le lendemain, Paul rencontrait un de ses-amis, auquel il racontait complaisamment son équipée, comme s'il eût accompli un haut fait !

Tiens, voilà un revolver, lui dit l'ami tue-la Cela servira d'exemple aux autres. Paulot prit l'arme, et, hier soir, vers onze heures et demie, fallait se poster au coin des rues Lamarck et des Saules.

Lorsque la jeune fille parut, rentrant chez elle, il lui tira un coup de revolver presque à bout portant.

Marie Baillon fut atteinte au-dessus du sein gauche. On dut la transporter l'hôpital Bichat. Son état est grave.

Paulot a été arrêté et a été envoyé au Dépôt par M. Dupuy, commissaire de police du quartier des Grandes-Carrières. L'individu qui lui a prêté le revolver est activement recherché.

Le Matin – 14 octobre 1897

 Infanticide

Infanticide

Des mariniers retiraient, il y a quelques jours, du canal. Saint-Martin, le cadavre d'un nouveau-né. M. Carpin, commissaire de police, appelé à procéder aux constatations usitées en pareil cas, s'était fait accompagner d'un médecin qui déclara que l'enfant, une .petite fille, avait été étranglée avant d'être jetée à l'eau. Le corps fut transporté à la Morgue.

On recherchait vainement l'auteur de cet infanticide, lorsqu'un renseignement fourni au commissaire de police lui permit d'arrêter la coupable, une jeune fille de vingt et un ans, qui, arrivée à Paris le 26 juillet dernier, était venue se loger dans un hôtel meublé de la rue des Récollets, où elle avait dit s'appeler Alphonsine Neau. Tout le monde, dans la maison, remarqua qu'elle était dans un état de grossesse très avancé. Aussi se montra-t-on fort surpris quand, quelques jours plus tard, on constata qu'elle avait maigri dans des proportions extraordinaires. Cela parut d'autant plus singulier au propriétaire de l'hôtel qu'Alphonsine Neau s'était toujours opposée à ce qu'on entrât dans sa chambre. Il alla faire part des soupçons qu'il avait conçus à M. Carpin, qui fit aussitôt appeler la jeune fille à son cabinet.

Tout d'abord, elle nia avoir accouché clandestinement, mais, en présence de preuves irréfutables, elle finit par avouer que, dans la nuit du 10 au 11 août, elle avait mis au monde une petite fille qu'elle avait étranglée aussitôt sa naissance. Le lendemain, à la tombée de la nuit, elle était allée jeter le cadavre à l'eau. Elle ajouta que son véritable nom était Angèle Nicaise et qu'elle était âgée de seize ans et demi. Avant de venir à Paris, elle était bonne à tout faire chez un habitant de La Chapelle-sur-Cère (Seine-et-Marne). Angèle Nicaise a été envoyée au Dépôt.

Le Figaro - 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash juin

Dans l'actualité du ...

 23 juin à compléter

Mercredi
23 juin 1897

De Biarritz

« La grande saison, qui s'ouvre le 15 juillet pour finir le 15 octobre, s'annonce sous les meilleurs auspices. Les principales villas sont louées, et pour le reste les demandes affluent. La colonie étrangère, espagnole et russe notamment, promet d'être aussi brillante que nombreuse. Aussi le Comité des fêtes vient-il d'élaborer un programme des plus attrayants et de décider la création d'un orchestre spécial qui se fera entendre plusieurs fois par jour, aux heures du bain, sur les plages de cette merveilleuse station- »


Le préfet de la Seine a demandé à l'Académie de médecine une notice sur plusieurs médecins Villemin, Guérin, Peter, dont les noms seraient attribués à des rues de Paris. Nous lui signalerons celui du célèbre Jean Pidoux, qui, le premier, fit en France, à Pougues, l'application de la douche dont les nombreux fidèles de la source Saint-Léger font chaque année un usage salutaire dans cette coquette et riante station.

sans titre 1
Flash juin

 24 juin

Jeudi
24 juin 1897

Le voyage du Président en Russie.

Du Gaulois

Nous croyons savoir que M. Brisson, président de la Chambre, ferait partie du voyage en Russie.

La chose serait d’ores et déjà décidée.


Bulletins de santé

M. Félix Faure, depuis trois jours, est atteint d’une légère conjonctivite de l’oeil droit, qui sera, croit-on, de peu de durée.


M. François Coppée est tout à fait hors d'affaire et les médecins attendent seulement qu'il soit un peu plus solide pour l'envoyer dans quelque ville d'eaux où il se distraira. Il ne retournera probablement pas à La Fraisière. On exige en ce moment pour le malade beaucoup de repos, et devant cette consigne, M. de Freycinet, qui venait, hier, voir son collègue de l'Académie, s'est retiré discrètement.


Le prince de Sagan fait depuis quelques jours de longues promenades dans son appartement, en attendant mieux. On espère qu'il n'attendra pas ce mieux longtemps. Son état s'améliore de jour en jour.


M. Henri Meilhac se sent un appétit d'ogre et gourmande son interne qui ne lui permet qu'un œuf à la coque ou un blanc de poulet avec un doigt de bordeaux. Il crie à la séquestration et veut sortir

— Si je reste enfermé, a-t-il dit hier à son bourreau, je finirai par me faire des cheveux

Désarmés, ses médecins lui ont promis de le laisser aller la semaine prochaine à Saint-Germain, où il prendra ses quartiers d'été.


Une rencontre à l'épée a eu lieu hier, à Neuilly, entre MM. Félix Gaborit, homme de lettres, et Le Chanteur, officier de cavalerie en non-activité.

A la troisième reprise, M. Le Chanteur a été atteint au bras d'une blessure en séton, qui a mis fin au combat. Les témoins de M. Gaborit étaient MM. Gaston Lesaulx et Stéphane Laffarge ceux de M. Le Chanteur, MM. Émile Dumont et Eugène Fontaine.


Vers 1750 existait à Bordeaux une charitable dame, qui préparait et distribuait aux pauvres un cordial, à base d'anis, qu'elle appelait anisette et dont elle tenait la recette de ses parents cette dame s'appelait Marie Brizard. Sa nièce, Mlle Anne Brizard, ayant épousé M. J.-B. Roger, elle s'associa avec eux, fondant ainsi, en 1755, la maison Marie Brizard, dont les marques d'anisettes superfines et « extra-dry» sont aujourd'hui célèbres dans le monde entier.


« Si la contrefaçon n'existait pas, il faudrait l'inventer, a dit un grand économiste c'est la consécration du succès. » Toutes les fois qu'un produit nouveau, qu'une invention nouvelle viennent bouleverser une industrie, les contrefacteurs se lèvent en masse et affirment ainsi par leurs fraudes nombreuses la qualité du produit contrefait.

C'est ce qui arrive pour l'antipyrine du docteur Knorr, produit français, fabriqué à Creil, dans l'Oise, par la Compagnie parisienne de couleurs d'aniline.


Croirait-on qu'il y a encore des monomanes à la recherche de la quadrature du cercle? L'un d'eux prétend même avoir trouvé une solution « Vous êtes obèse, mangez deux fois plus et prenez le matin à jeun un verre à bordeaux d'eau de Garabana, vous maigrissez. »


Le « Pégamoïd» est la nouveauté du jour.

En dehors des qualites spéciales pour la tenture et l’ameublement, il se prête admirablement la confection des articles de luxe et de fantaisie. Les magasins de la Régence, 38, avenue de l’Opéra, ont créé tout un rayón d’albums, buvards, cadres, porte-cartes, qui sont de véritables oeuvres d’art.

Insensible à la température, réfractaire aux acides, toujours tenu neuf par un simple lavage, telles sont les principales qualités du « Pégamoïd ».

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 On sait que les cheveux, considéré au microscope, sont creux, ce qui explique l'expression : un tuyau de poil.


312. Le 3 janvier 1897, le tramway à vapeur d'Auteuil à Boulogne culbutait, à la grille de Boulogne, un tombereau dont le conducteur a eu littéralement la tête mise en bouillie.
La « Lactéoline » est une poudre exquise, soluble dans l'eau, pour tous les soins du corps. Elle conserve la beauté et la santé de la peau et maintient la fraicheur et la fermeté des chairs.
Le « Savon à la Lactéoline » est excellent pour les peaux délicates. Lavandier, parfumeur, 22, rue d'Hauteville, Paris. 2 francs.
 A Montmartre

A Montmartre

Montmartre est au-dessous de ses affaires. On parle d'un huissier qui se disposerait à saisir la Butte.

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 LES SENSATIONS D'UN PENDU

Les sensations d'un pendu

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Le Drame du Boulevard de Denain

Un drame intime s'est déroulé hier après-midi boulevard de Denain, près de la gare du Nord. Un remisier assez connu à la Bourse, M. Eugène Meusnier, âgé de trente-huit ans, a tiré sur sa femme trois coups de revolver, puis a tenté de se suicider. Mme Meusnier est morte.

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L'art de se meubler gratuitement

Deux corrects gentlemen se présentaient, il y a quelques jours, chez un marchand de meubles de la rue de Charenton, M. Hermann et exprimaient le désir de faire l'acquisition de deux mobiliers de chambre à coucher.

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 C'ÉTAIT DONC LUI !

C'ÉTAIT DONC LUI !

Les experts ont trouvé — la chose est vraiment neuve,

Mais comme ils sont très forts ils en feront la preuve —

Que tous les vers parus sur le fameux Congo

Sont écrits par Dreyfus, qui les vend aux journaux.

Un graphologue au savonnier Vaissier

Nouvelles à la main

Dans le monde : — Il paraît que ce pauvre X...

Dans le monde :
— Il paraît que ce pauvre X... a épousé une femme horriblement laide?...
— Oui... mais il a obtenu des parents cinq cent mille francs de dommages-intérêts...

 La petite Chose a dîné aux Ambas

La petite Chose a dîné aux Ambassadeurs avec son banquier qui, pour ne pas être vu, a demandé un cabinet.

Au dessert, celui-ci regardant dans la glace :

— Dieu ! que je suis laid ce soir.

La petite Chose, avec son plus charmant sourire :

— Oh ! ces hommes de chiffres !... ils ont la rage de spécifier.

 Les mots de bohème sont à la mode

Les mots de bohème sont à la mode.
Un vieil étudiant, en se penchant pour ramasser son journal, entendit un déchirement sinistre. C'était son pantalon qui craquait un peu plus bas que le dos
— C'est inouï, fait-il, un pantalon qui s'était si bien conduit durant dix ans

Dans un restaurant qui n

Dans un restaurant qui n’est pas de premier ordre :
— Garçon, ce perdreau empoisonne !
Le garçon, très calme :
— Tiens, c’est drôle !... J’aurais plutôt cru que c’était le saumon du monsieur d’en face !...

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 La maison Boudet - 1897

La maison Boudet, boulevard des Capucines, fait en ce moment une splendide exposition d'articles pour étrennes bijouterie, orfèvrerie, maroquinerie, meubles, bronzes, marbres, objets d'art, etc. Nous avons déjà dit que nous avions eu l'occasion de visiter .cette exposition, qui nous a beaucoup intéressé, et que nous y avons remarqué de très beaux articles à très bas prix. Nous pouvons ajouter que tout y est d'un goût exquis.

Le Figaro - 15 décembre 1897

 Le développement du cyclisme - sept. 1897

Le développement du cyclisme

Le cyclisme se développe chaque jour davantage dans notre pays, ainsi que tout le monde peut s'en convaincre. Mais on n'a pas de notions précises sur les proportions qu'a prises ce nouveau mode de locomotion. Le ministère des finances vient précisément de nous fournir à cet égard des indications en quelque sorte mathématiques, par le relevé qu'il a fait des produits de l'impôt sur les vélocipèdes et des fluctuations annuelles qu'a subies cet impôt. Les résultats que le fisc a constatés sont curieux et méritent d'être signalés.

Le nombre des vélocipèdes soumis à l'impôt se trouvait être au 1er janvier 1897 de 329,816 pour toute la France. C'est le chiffre le plus récent qu'on ait pu constater, car l'année actuelle étant en cours et comportant, outre les rôles du début, des rôles supplémentaires, les statistiques s'y rapportant ne pourront être connues qu'en fin d'exercice.

Pour l'année 1895 on n'avait taxé que 256,084 vélocipèdes et pour l'année 1894, 203,026. On voit combien la progression est rapide. Elle s'accusera encore plus cette année.

L'impôt a produit, durant l'année 1896, la somme de 3,272,339 francs.

II est curieux de voir comment ce nombre de 329,816 vélocipèdes se répartit entre les départements. C'est naturellement celui de la Seine qui vient en tête avec 62,892 vélocipèdes.

Viennent ensuite : Seine-et-Oise, 14,343 vélocipèdes; Nord, 10,386 Seine-et-Marne, 9,085 Seine-Inférieure, 8,227; Gironde, 7,985; Marne, 7,672 Oise, 7,375 Aisne, 5,973 Somme, 5,379, etc.

Tels sont les dix premiers départements par ordre d'importance.

Les départements qui ont le moins de vélocipèdes sont les suivants: Corse, 98 Lozère, 137 Hautes-Alpes, 320 Haute-Loire, 377; Basses-Alpes, 402; Cantal, 404, et Ariège, 546.

Paris, à lui seul, paye environ le cinquième du produit total de l'impôt, soit 626,916 francs.

Le Figaro - 3 septembre 1897

 UN DESCENDANT DE VIRGILE - Le Temps – 9 janvier 1897

UN DESCENDANT DE VIRGILE.

Quatre ou cinq personnes suivaient hier un corbillard qui, sortant de l'église Saint-Germain-des-Prés, se rendait à Bagneux. Les passants auraient éprouvé une certaine surprise, si on leur avait appris que le mort que l'on conduisait si modestement au cimetière, était un descendant de Virgile.
Charles Maron, en effet, né en 1817, à Nevers, se disait originaire d'un petit village des environs de Mantoue, et affirmait, non sans orgueil, que Publius Virgilius Maro était un de ses ancêtres.
Frère d'Eugène Maron, le secrétaire de Lamennais, et l'auteur de plusieurs ouvrages estimés sur l'histoire de la Révolution, Charles Maron était lui-même un lettré et un érudit fort distingué. Il avait été bibliothécaire de la ville d'Autun, et rédacteur en chef d'un journal qui eut quelque importance au commencement.de l'empire.
Venu à Paris vers 1854, il collabora à la rédaction du Magasin pittoresque pendant plus de vingt ans. Ses recherches se portèrent surtout sur l'histoire de l'architecture et de la sculpture française. Il laisse, sur ce sujet, le manuscrit d'un ouvrage qui doit paraître en quatre volumes in-8°.
Ces dernières années, dans les cafés du quartier Latin, on pouvait voir souvent ce grand vieillard maigre, aux allures d'officier retraité, à la même table que Paul Verlaine et Paul Arène. Les conversations étaient alors fort gaies, car C. Maron savait parler avec beaucoup d'esprit, et avait gardé dans sa mémoire mille anecdotes sur presque toutes les célébrités contemporaines. Il était précieux aux jeunes journalistes en quête de sujets « d'échos ». Chaque année, au 1er janvier, il recevait une lettre assez curieuse Les habitants du hameau mantouin, dont il était originaire, portent tous le nom de Maro. Ils considéraient le mort d'hier comme le doyen de leur famille et ne manquaient jamais de venir annuellement lui exprimer leurs vœux dans un patois qui n'avait que de vagues rapports avec la langue des Géorgiques.

Le Temps – 9 janvier 1897

 La peine de mort - Le gaulois - 4 janvier 1897

La peine de mort.

L'électrocution, n'ayant pas remplacé la potence avec assez d'avantages, une commission a été nommée outre-mer pour rechercher un procédé plus « humain» et plus pratique à la fois. Cette commission, après un an de travaux, vient de se prononcer en faveur de l'asphyxie par le gaz d'éclairage. Un de ses membres déclare que c'est par le gaz seul que l'on peut obtenir les résultats demandés en vain à l'électricité. Certes, la mort ne sera pas instantanée, mais on pourrait exécuter doucettement les assassins dans leur sommeil, sans douleur, sans qu'ils s'en doutent. Nous verrons si ce système « humain» pour les criminels, sera adopté.

Le gaulois - 4 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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