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SIXIEME ANNÉE N°3480

 

154ème jour de l'année

   


Lundi
2
Juin 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le testament de Nobel - Fig 7 janv 1897

Le testament de Nobel

On avait annoncé que l'ingénieur suédois récemment décédé, M. Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, avait légué toute sa fortune à l'Université de Stockholm. Il n'en est rien. En effet, le seul testament valable, écrit et signé à Paris par M. Nobel, le 27 novembre 1895, en présence de quatre de ses compatriotes, a été ouvert à Stockholm le 30 décembre dernier et contient, outre des legs d'un ensemble de deux ou trois millions, institués en faveur d'une vingtaine de personnes, parents, amis et serviteurs du défunt, les dispositions suivantes :

« De tout le restant de ma fortune réalisable, il sera disposé ainsi qu'il suit: le capital réalisé en valeurs sûres par les liquidateurs constituera un fonds dont la rente sera annuellement distribuée à ceux qui, pendant l'année écoulée, auront rendu les plus éminents services à l'humanité.

» La rente sera divisée en cinq parts égales qui seront attribuées

» La première à celui qui, dans le domaine de la physique, aura fait la découverte ou l'invention la plus importante

» La seconde: à celui qui, dans le domaine de la chimie, aura fait la découverte ou l'amélioration la plus importante

» La troisième: à celui qui aura fait la découverte la plus importante dans le domaine de la physiologie ou de la médecine

» La quatrième: à celui qui, dans le domaine des lettres, aura produit l'œuvre la plus haute dans le sens idéal;

» La cinquième: à celui qui aura agi le plus ou le mieux pour la fraternité des peuples, pour la suppression ou la diminution des armées permanentes et pour la constitution ou la propagation des Congrès de la paix.

» Les deux premiers prix (physique et chimie) seront décernés par l'Académie des sciences de Suède celui des travaux physiologiques ou médicaux par l'institut Carolin, de Stockholm le prix littéraire par l'Académie suédoise, et celui pour la propagation de la paix, par une Commission de cinq membres, élus par le Storthing (diète) norvégien.

» C'est ma volonté expresse qu'on ne s'inspire, pour l'attribution de ces prix, d'aucune considération de nationalité, afin que le plus digne reçoive la récompense, qu'il soit scandinave ou non. »

La fortune réalisable de M. Nobel consiste en propriétés à Paris et à San Remo, et, pour la plus grande partie, en valeurs déposées chez des particuliers, au domicile du défunt à Paris et dans des banques à Londres, à Paris, à Berlin, à Saint-Pétersbourg et à Stockholm. Il se passera quelque temps avant que tout soit réglé et qu'on puisse donner le chiffre exact de la fortune laissée par

M. Nobel. Mais on reste certainement au-dessous de la vérité en estimant à près de cinquante millions de francs le capital destiné exclusivement aux magnifiques fondations que nous avons énumérées plus haut. Si ces prévisions sont réalisées, chacun des prix annuels fondés par M. Nobel se monterait donc à près de 300,000 francs.

C'est, comme on le voit, la plus importante récompense que, jusqu'à présent, un homme ait eu, en même temps, la pensée et le pouvoir d'instituer. Le testament, dont nous venons de faire connaître les clauses principales, restera comme un superbe monument d'amour de l'humanité et, à ce titre, garantira contre l'oubli le nom respecté de M. Alfred Nobel.

Le Figaro - 7 janvier 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE SAINT-MAUR

LE DRAME DE LA RUE SAINT-MAUR

Assassin de sa fille

Un drame terrible, sur les causes duquel la police n’est pas encore fixée, s’est déroulé l’avant-dernière nuit, 210, rue Saint-Maur. Un père a tué sa fille à coups de revolver et, son crime commis, a essayé de se trancher la gorge à coups de rasoir.

Le père assassin est un nommé Eugène Lamarre, âgé de quarante-deux ans, ouvrier en stores, qui habitait depuis six mois, avec sa fille Marthe, âgée de dix-sept ans, un petit logement situé au troisième étage.

Lamarre avait perdu sa, femme, il y a un an, et depuis lors, racontent les voisins, se livrait à la boisson.

Est-ce dans un accès d’ivresse que Lamarre a accompli son crime. On l’ignore, la jeune fille étant morte et le meurtrier n’ayant pas encore pu prononcer une parole.

— J’ai été réveillé en sursaut, a déclaré un voisin, au milieu de la nuit, par les cris d’appel de la jeune Marthe. Comme je me précipitais vers la porte du logement de mon voisin, j’entendis plusieurs détonations.

»En même temps que moi arrivaient d’autres per-, sonnes. On fit sauter la porte d’un coup d’épaule.

» Dans la chambre, un spectacle horrible s’offrit aux regards des arrivants. Dans une mare de sang, gisait le corps de Marthe. La malheureuse avait été atteinte de trois coups à la tête.

» A côté d’elle, son père, la gorge à moitié tranchée par un- coup de rasoir. »

Marthe est morte pendant qu’on la transportait à l’hôpital Saint-Louis. Quant au meurtrier, son état est désespéré.

Le Gaulois — 4 avril 1897

 Un grand entrepreneur de travaux

Un grand entrepreneur de travaux publics du quinzième arrondissement était victime, depuis plusieurs mois, de vols dont se rendaient coupables quelques-uns de ses charretiers qui, détournant des marchandises qu'ils étaient chargés de transporter, les revendaient à des tâcherons Un employé de l'entrepreneur, nommé Firmin Perrot, s'en étant aperçu, signala le fait à son patron. Celui-ci ne voulut pas porte plainte; il se contenta de prendre des mesures pour empêcher désormais lés détournements signalés.
Mais les charretiers apprirent que Perrot les avait dénoncés et ils jurèrent de se venger. Trop lâches pour le faire eux-mêmes, ils confièrent le soin de leur vengeance à des charretiers travaillant chez d'autres entrepreneurs. Ceux-ci, non moins lâches, se mirent à. cinq pour tomber sur le malheureux employé, au moment où il passait rue Péclet, une rue presque toujours déserte. Le pauvre garçon fut mis en piteux état par ces misérables qui s'enfuirent comme une volée d'urubus quand arrivèrent les agents, attirés par les appels de la victime. C'est dans un état très grave que le blessé a été transporté chez lui, rue de Vaugirard.
La police est à la recherche des cinq agresseurs, qui ne tarderont pas à être arrêtés.

Le Figaro - 3 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash juin

Dans l'actualité du ...

 18 février

Jeudi
18 février 1897

Ce soir, dîner suivi de réception au mini stère de l'intérieur.


Le comte Albert de Mun, député du Finistère, a été reçu, hier, en audience par le Pape. 


LE CRIME D'AUTEUIL

La Sûreté a continué son enquête sur Roubertout, l'assassin du garçon de café Pic, tue dans sa chambre, à Auteuil, dans la nuit du 6 au 7 février. L'inculpe était constamment à la recherche du « coup à faire ». Il y a quelques mois, en effet, il servait, à Montmartre, dans un café tenu par une femme, Mme X…

Un soir, à la fermeture de cet établissement, il chercha querelle à sa patronne, et, fermant brusquement la porte, tenta de frapper Mme X... qui, heureusement, très forte, réussit à le chasser. On croit, maintenant, que Roubertout avait, conçu le projet de tuer Mme X… pour s'emparer de la recette de la journée.


MANIFESTATION D'ÉTUDIANTS

Une manifestation d'étudiants a eu lieu hier soir à Paris en faveur delà Grèce. Deux ou trois cents jeunes gens, qui déjà dans la journée avaient essayé de se former en monôme au quartier Latin, ont franchi les ponts et sont parvenus jusqu'au boulevard Montmartre, où ils ont crié « Vive la Grèce ! A bas les Turcs »

Rue de la Grande-Truanderie, la police avait déjà dispersé ces quelques manifestants. Ils avaient néanmoins réussi à se reformer.

Boulevard Montmartre, quelques agents les ont refoulés et la manifestation s'est littéralement évanouie.


LE RECORD DE L'ARRESTATION

Une vieille femme, sans domicile et sans emploi, était arrêtée, hier, par les agents de service aux Halles.

— Je me nomme Julienne Dusser, dit-elle au secrétaire du commissaire de police qui l'interrogeait, et j'ai voulu fêter ma patronne en me faisant envoyer au Dépôt

» C'est la. quarante-huitième fois qu'on m'amène en prison depuis trente-deux ans.

» Condamnée déjà quarante-sept fois, chaque fois j'ai eu à mon service un chef de poste, un inspecteur, un commissaire, une voiture cellulaire, un .garde, un juge, des assesseurs, des greffiers, des directeurs de prison, etc.

» J'ai fait vivre en somme tous ces fonctionnaires, et on comprendra que le jour de ma fête, je tienne de nouveau à leur faire visite. »

Il a été fait droit à la demande de Julienne Dusser, qui a été écrouée au Dépôt.


Le drame de la rue Mouffetard.

Une couturière, âgée de vingt-quatre ans, Mlle Gabrielle Krier, demeurant rue Magendie, passait, hier soir, vers sept heures, dans la rue Mouffetard, lorsque, arrivée devant le numéro 118, elle fut accostée par un individu qui échangea quelques mots avec celle puis, soudain, tirant un revolver de sa poche, fit feu à bout portant sur la jeune femme.

La victime, atteinte au-dessus de l'œil gauche; s'affaissa sur le trottoir.

Relevée et transportée à l'hôpital de la Pitié, elle n'a pas repris connaissance et il a été impossible à M. Lanet, commissaire dé police, de l'interroger. On craint qu'elle ne succombe avant d'avoir pu parler.

Quant au meurtrier, profitant de l'émotion causée par son acte, il s'est empressé de prendre la fuite.


LA CRUE DE LA SEINE

La décroissance du fleuve continue sans interruption et les nouvelles des stations météorologiques sont-des plus rassurantes.. La baisse depuis, dimanche atteint quarante centimètres. Sur la Marne, l'Yonne, la Haute-Seine, une baisse générale des eaux est signalée.

En aval de Paris, la situation reste cependant assez grave. A Argenteuil, plusieurs maisons sont inondées et ont dû être étayées.

A l'inspection de la navigation, on estime que les services de la batellerie pourront être repris dans quatre ou cinq jours, et ceux des bateaux omnibus dimanche ou lundi.


Peste, mon cher, nos restaurateurs ne se refusent plus rien. Le Courrier Français de cette semaine n'annonce-t-il pas qu'il ouvre un concours artistique avec de nombreux prix en espèces pour l'illustration des menus du restaurant Julien, 3, boulevard des Capucines ; Julien était déjà renommé pour sa cuisine parfaite et ses vins excellents. — Il aura donc aussi les menus les plus artistiques. — Que veut-il encore ? — La croix d'honneur ?


Nos viticulteurs apprendront avec joie que le remède contre le phylloxéra, officiellement reconnu efficace par un professeur autorisé, va enfin être exploité sous le nom de Phylloxératoxine, par une Société fondée dans ce but.

sans titre 1
Flash juin sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Tout le monde étouffe dans le pays, parce qu'il n'y a plus d’air. Et s'il n'y a plus d'air, parce que ces cochons de vélocipédistes le prennent pour gonfler leur sacré caoutchouc !


309. Les archiducs Otto et Ferdinand d'Autriche, arrivés le 7 janvier 1897 à Nice, s'embarquaient à cinq heures du soir à bord du Bocognano, se rendant à Ajaccio où Leurs Altesses Impériales devaient rejoindre l'archiduc François-Ferdinand.
On signale de Lucerne l'arrivée du général Draper, le nouvel ambassadeur des États-Unis à Rome. Il s'est installé é l'hôtel National, séjour préféré de la haute société internationale.
 Pourquoi les femmes vivent-elles

Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps que les hommes ?

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la statistique des centenaires pour être frappé de l'écrasante supériorité dont jouit le sexe féminin.

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 Le sentier Durand

Le Sentier

par Pierre Durand

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Un enfant coupé en morceaux.

Un crime horrible, qui a malheureusement des précédents, a été découvert avant-hier soir. On a trouvé dans la lunette d'un chalet de nécessité la tête fraîchement coupée d'un enfant nouveau-né dont le reste du corps a disparu.

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Un drame parisien

Un cocher de la Compagnie générale des Petites Voitures, nommé Louis C. avait épousé, il y a quelques années, une jeune fille d'une beauté accomplie dont il eut deux enfants, un garçon et une fille. Très fier de sa femme qu'il aimait avec passion; Louis n'éprouvait de réel bonheur qu'auprès d'elle et de ses enfants.

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 Savon historique

SAVON HISTORIQUE

Doux Congo, fin savon, l'élu de la Victoire,

on célèbre parfum embaumera l'histoire,

Alors tes rivaux, obscurs et confondus,

Seront, depuis longtemps, oubliés... et fondus.

Paul Sincère au savonnier parisien V. Vaissier

Nouvelles à la main

Coin de bal— Quel est donc ce monsieur, là-bas ?

Coin de bal. 
— Quel est donc ce monsieur, là-bas ? 
— C'est un parfait imbécile... un cousin à moi, au sixième degré... 
— Au-dessous de zéro, alors ?

A la consultation :Mme M... fatigue son médecin

A la consultation :
Mme M... fatigue son médecin par des bavardages inutiles.
- Montrez-moi votre langue, lui dit le médecin.
- Mais, docteur...
- Montrez-moi votre langue!... J'aime mieux la voir que l'entendre! 

Propagande coloniale  Francisque

Propagande coloniale
Francisque Sarcey a raison il y aurait des fortunes à faire en échangeant avec les nègres d'Afrique des chaussettes contre de l'ivoire, et il est stupide à nos commerçants de n'en pas profiter…
— Évidemment L'homme absurde est celui qui n'échange jamais !

 Dialogue cruel entre deux jeunes financiers

Dialogue cruel entre deux jeunes financiers
— Veux-tu que je te dise ce qu'il faut penser de ton père ?
— Tais-toi !... Je le sais.

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 Le mouvement féministe s'accentue - Fig. 14/01/97

Le mouvement féministe s'accentue.

Sous la présidence de Mme Pognon -un nom plein de promesses-la Ligue du droit des femmes marche, par étapes successives, à la conquête des pouvoirs publics.
Au cours .de la réunion tenue avant- hier par ces dames, M. Bauquier, député du Doubs, a annoncé que la question de l'électorat pour les femmes aux Tribunaux de commerce était inscrite à l'ordre du jour de la Chambre.
Mais, entre la coupe et les lèvres il y a souvent place pour une déception.

Le Figaro - 14 janvier 1897

 CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

Une idée de M. Méline — Loin des indiscrétions — La préparation des projets.

On ignore généralement qu'en dehors des conseils ordinaires qu'ils tiennent les mardi, jeudi et. samedi de chaque semaine, les ministres, depuis l'avènement du cabinet actuel, ont des réunions non officielles dans lesquelles ils discutent et préparent les affaires qu'ils sont appelés à. résoudre dans les réunions officielles.

Toutefois, les discussions officieuses ont lieu à table, entre la poire et le fromage, pour ainsi dire. M. Méline, en effet, a inauguré ce système il y a un an, en instituant un dîner hebdomadaire qui a lieu le vendredi soir chez chaque ministre à tour de rôle. Comme il y a onze ministres, le tour de chacun d'eux revient tous les trois mois environ. Le président du conseil inaugure chaque série et les autres membres du cabinet continuent suivant un ordre déterminé par les convenances personnelles de chacun d'eux. Ainsi le dernier dîner de ce genre a ou lieu au ministère de la guerre. Là, à l'abri des indiscrétions de la presse, les ministres s'entretiennent dans l'intimité des diverses questions qu'ils traitent et résolvent ensuite officiellement dans les conseils de l'Élysée, sous la présidence de M. Félix Faure. Grâce à ce rapprochement, bien des discussions irritantes, bien des questions personnelles, beaucoup de petits conflits ont pu être prévenus ou heureusement terminés. Seules, les vacances viennent interrompre ces agapes ministérielles c'est ce qui va arriver pendant les vacances de Pâques actuelles.

Ce petit détail de la vie gouvernementale n'avait jamais été révélé jusqu'ici, et il nous a paru assez intéressant pour être signalé au public.

Le Matin — 17 avril 1897

 Les squelettes de Choisy-le-Roi

Les squelettes de Choisy-le-Roi.

Le 3 avril dernier, des ouvriers travaillant dans une sablière, située sur le territoire de la commune de Choisy-le-Roi, au lieu dit « la Gare aux Bateaux », sur la rive droite de la Seine, mettaient à jour neuf squelettes assez bien conservés.

On supposa tout d'abord que ces ossements étaient ceux de soldats allemands tués en 1870-71, lors du siège de Paris. La forme de la boite crânienne et le développement des mâchoires semblaient indiquer, d'après l'avis des médecins appelés à -procéder aux constatations médico-légales, qu'on se trouvait en présence de représentants de la race saxonne, âgés de vingt à trente ans. Les squelettes étaient" ceux d'hommes de haute taille et ayant dû être admirablement constitués.

On se souvient que, dans la dernière quinzaine de septembre 1870, un combat eut lieu à Choisy-le-Roi, entre francs-tireurs et Allemands. Une vingtaine de ces derniers furent tués au moment où ils cherchaient à traverser la Seine sur de frôles embarcations. En outre, Choisy et l'Hay furent le théâtre de deux batailles livrées, le 29 octobre et le 30 novembre de la même année, entre le Ce corps allemand et le 13c corps français.

On était donc sur le point de conclure à la découverte de cadavres provenant de l'année terrible, lorsque des vieillards, originaires de Choisy, vinrent infirmer ces suppositions.

Les « vieux » de Choisy rappelèrent que, au cours du sanglant combat qui fut livré en 1814, par Napoléon 1er  aux armées alliées, à Montereau, un grand nombre de soldats allemands, notamment des dragons avaient été précipités dans la Seine et charriés jusqu'à Choisy-le-Roi, où un certain nombre de corps avaient été repêchés puis inhumés au bord du fleuve, à l'endroit même où les ossements viennent d'être découverts.

Après un second examen des squelettes, les médecins constatèrent que l'état de désagrégation des os indiquait, en effet, que l'inhumation devait être bien antérieure à l'année 1870.

Ce qui semble encore corroborer les dires des anciens de Choisy-le-Roi, c'est que l'humus, conséquence nécessaire de la décomposition des corps, a complètement disparu, ce qui s'explique, du reste, par le niveau de l'endroit où la découverte a été faite et la proximité du fleuve. Notons, pour terminer, qu'aucune trace de linge, de vêtements, de boutons d'uniformes ou d'armes n'a été retrouvée près des squelettes.

Le Matin — 7 avril 1897

 La maison Boudet - 1897

La maison Boudet, boulevard des Capucines, fait en ce moment une splendide exposition d'articles pour étrennes bijouterie, orfèvrerie, maroquinerie, meubles, bronzes, marbres, objets d'art, etc. Nous avons déjà dit que nous avions eu l'occasion de visiter .cette exposition, qui nous a beaucoup intéressé, et que nous y avons remarqué de très beaux articles à très bas prix. Nous pouvons ajouter que tout y est d'un goût exquis.

Le Figaro - 15 décembre 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

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