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SIXIEME ANNÉE N°3657

 

331ème jour de l'année

   


Mercredi
26
Novembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LE DUEL PARISIEN

LE DUEL PARISIEN

MM. CASELLA ET THOMEGUEX SE BATTENT EN DUEL

Dans l'or du bois de Meudon — A la tour de Villebon — Amis et invités — Les deux adversaires — Blessure à la joue.

Nous ne serons jamais assez reconnaissants à MM. Casella et Thomeguex de la promenade champêtre que nous fîmes hier.

La campagne était en or. Les arbres, des chandeliers d'église. Le soleil, un ostensoir. Jamais la tour de Villebon ne fut plus belle en son décor automnal du bois de Meudon. Les feuilles innombrables faisaient sur la terre des allées un vaste tapis rouge. Un tapis choisi « Le sang ne s'y voit pas. »

Il eut peu de sang, du reste. Ce duel fût plutôt gai que tragique. Non point, naturellement, pendant les deux minutes qu'il dura, car un duel, si anodin qu'il s'annonce, peut toujours entraîner mort d'homme ou blessure grave, mais durant la demi-heure qui le précéda et les trois quarts d'heure qui le suivirent.

Commençons par la première demi-heure. A la tour de Villebon, on s'était préparé à recevoir, en cet, après midi historique, nous parlons de l'histoire du duel beaucoup de monde. M.Thomeguex, champion français, ne déteste point, en effet, combattre devant des compatriotes susceptibles d'apprécier son jeu, et M. Gasella, champion italien, ne demande certainement pas mieux que de mettre au vent sa flamberge nationale sous le regard admiratif de quelques Sujets du roi Humbert.

D'où la double foule de curieux qui, prévenus à temps par les amis indiscrets des deux adversaires, frappaient, hier, à la grille de Villebon.

Nous devons dire que cette foule se compostait de ce que nous possédons de mieux en fait de public de premières. Tout le « high life » des grandes solennités parisiennes se trouvait là. Citons quelques noms : comtes de Rochefort, Jacques de Reverseaux, de Murat, marquis de Chasse-loup-Laubat, et MM. de Lagrange, de Subercaseaux, Paul et Jacques Breittmayer, colonel Dèrué, de Blest Gana, Toulouze, député, le peintre Jean Béraud, Maxime Dreyfus, marquis de Fuentès-Hermosa, de Santa-Maria, Gaston Legrand, Lafourcade-Costina, Bowden, Belz de Villas, Letellier, Xau, et les professionnels, les maîtres, les professeurs Rouleau, Megie, Lucien Mérignac, Middelair, Spinne-wyn, Conté, Bougnol ; citons enfin le coureur national Jacquelin et… le « joyeux Fordyce ».

Et puis la multitude de nos confrères. Toute la publicité désirable était là.

Il y eut bien, à la grille, un semblant de contrôle, mais on finit par y renoncer, et l'on entra dans cette tour comme en un moulin.

Comme chez soi.

Sur les pelouses, la « maison » avait disposé des tables, des guéridons, des chaises. Un café en plein air. Chacun fit apporter des bocks. Ce café était séparé par l'allée du milieu, l'arène où devait avoir lieu le combat. On attendit les combattants en fumant des cigarettes et en devisant sur les motifs du combat. Nous les connaissons. Nous savons qu’ils étaient futiles. Une discussion sur l'importance du plastron de chemise empesé en matière de duel, question soulevée par M. Maurice Leudet dans le Journal des sports.

A trois heures moins quelques minutes, M. Thomeguex arrive avec ses témoins, MM. Rosé et Adrien Guyon. Les conversations deviennent moins bruyante, on règle en silence les consommations, on lache les tables et l'on commence a se caser « pour mieux voir ». M. Thomeguex, calme et souriant distribue quelques poignées de main.

— Place, messieurs !

C'est M. Joseph Renaud, avec M. Filiberto Fonst, témoins, suivis de leur client, M. Henri Gasella. Celui-ci, de la plus agréable humeur du monde. Il se tient beaucoup mieux que Pini, qui faisait des tours de torse devant les photographes.

Nous passons sur les petits arrangements entre témoins: La direction du combat échoit à M. Joseph-Renaud.

On a mis habit bas. Voici M. Casella en chemise empesée et faux-col haut et cravate. Voici M. Thomeguex avec sa chemise bleue, nullement empesée, que tout le monde connaît depuis le duel Pini. Ici, un premier incident. Les témoins de M. Thomeguex font observer à M. Casella qu'il serait bon qu'il retirât sa cravate. Il la retire. Ils lui font ensuite observer qu'il a une chemise empesée, alors que leur client n'en possède point. Il la retire, de la meilleure grâce, alors que le procès-verbal lui permettait de la conserver. Mais ce n'est pas tout. M. Casella a une ceinture de cuir. On le prie d'enlever cette ceinture; Il la retire.

— Je n’ai jamais porté de bretelles de ma vie, dit-il ; je n'ai même pas de boutons ad hoc à mon pantalon. II va tomber.

De fait, le pantalon tombe.

Alors, un témoin cherche sur les assistants une ceinture qui ne serait pas en cuir. Il la trouve. Le pantalon ne tombe plus.

En garde !

M. Casella est prêt; il n'a plus de chemise. Il a un petit tricot bleu canotier sur le torse. Alors, M. Thomeguex juge qu'il ne saurait se mettre moins nu que M. Casella et, lui aussi, retire la chemise bleue.

Il apparaît en tricot caca-d'oie. On leur donne les épées. Ils les regardent. Ils fouettent l'air de ces épées.

— Reculez-vous, messieurs. Ne dépassez pas la limite du gazon.

C'est le moment solennel, m'est toujours. Pour les raisons que j'ai dites plus haut, il ne faut jamais avoir vu deux hommes, la poitrine nue, ferraillant de leurs épées pour parler «en blaguant » de ce moment-là. Les allées de Villebon en savent quelque chose.

Et, hier, ça ne dura que deux minutes et demie, et nous fûmes un peu volés, étant venus de si loin, mais ces deux minutes furent suffisamment dramatiques, Ce n'était pas plus le duel Pini. Le tireur italien n'attendait plus son adversaire comme au début du combat de Saint-Ouen. M. Casella chargea M. Thomeguex avec une vigueur et une promptitude très grandes. M. Thomeguex dut rompre. A cette impétuosité il répondit par le plus grand sang-froid. Il para et porta quelques coups. Aux attaques dans ta ligne basse il riposta dans la ligne haute et en dehors.

Enfin, voici M. Casella qui se tend. Son fer vient effleurer la vaste poitrine de M. Thomeguex. Mais celui-ci a tendu le bras après avoir paré, et son épée entre dans la joue de M. Casella.

La joue et le menton de M. Casella se couvrent de sang. Le sang coule abondamment et macule son tricot. Ses amis l'entourent. M. Joseph-Renaud se dirige vers M. Thomeguex et lui demande de soulever son tricot, croyant que l'attaque de M. Casella avait porté. Mais le torse de M. Thomeguex ne porte aucune égratignure.

Le coup des médecins.

On discute le coup. On parle de parade par septime enveloppée. D'autres disent : « coup d'arrêt». En somme, la chose a été si rapide que le coup est difficile à établir. M. Casella veut continuer. M. Thomeguex ne veut pas en entendre parler.

— On ne m'a pas laissé continuer quand j'ai été blessé par Pini !Et on voudrait que je continue aujourd'hui ! La blessure était à peu près la même.

Et une discussion homérique s'engage entre les médecins et les témoins. Les témoins de M. Casella trouvent que la blessure de leur client est insignifiante. On a étanché le sang, et, maintenant, elle est imperceptible. Les témoins de M. Thomeguex rejettent toute responsabilité.sur les médecins.

Or ceux-ci ne sont pas d'accord.

Le médecin de M. Thomeguex trouve que M. Casella est dans un état d'infériorité absolue celui de M. Casella estime qu'il est en état d'infériorité relative.

Or on peut continuer avec cette infériorité-ci ; on ne peut pas continuer avec celle-là.

En attendant qu'il soit statué, on redemande des bocks. Des femmes, qui s'étaient jusqu'alors cachées en des endroits mystérieux, apparaissent. On les chasse.

Les médecins, tour à tour, viennent palper la joue de M. Casella.

La discussion ne se termine pas. Elle ne se terminera jamais. M. Casella demande une glace a un de nos confrères d'un journal très parisien.

— Comment, vous ! vous n'avez pas de glace !

— Je n'en apporte que dans les duels de femmes !

Touché ! s'écrie M. Gasella en riant fort.

On lui retâte la joue.

— Voyez, dit le médecin qui ne veut pas le remettre en face de M. Thomeguex. Voyez et palpez Autour de la blessure, la joue est indurée. On dirait une pièce de cinq francs !

— Monsieur, dit le malade, je vous en prie. Mettons une pièce de quarante sous. Mais il faut en finir. Et voici comme :

Les médecins ont trouvé celle-ci, qui n'est pas mauvaise: De leur avis commun, au moment où M. Casella a reçu sa blessure, il était en état de continuer le combat. Mais, depuis que les médecins discutent, c'est-à-dire depuis un quart d'heure, une induration s'est produite qui met M. Gasella en infériorité absolue.

Tout le monde est content. Les adversaires se saluent. On remonte dans les fiacres. Soixante fiacres et voitures de maître qui dégringolent par le bois et défilent tempétueusement dans Meudon. Toute la ville est aux fenêtres. Les femmes agitent des mouchoirs. Les chiens aboient.

GASTON LEROUX.
Le Matin - 26 oct. 1897

L'actualité dramatique

 Le drame de la rue Gros

Le drame de la rue Gros

Une blanchisseuse, Mlle Adèle R..., quittait ces jours-ci, à la suite d’une violente discussion, un ouvrier serrurier, Amédée P..., avec lequel elle vivait, et la jeune femme venait s’établir chez sa mère, rue Gros, à Auteuil.

Amédée P... se mettait à sa recherche, et hier, en état d’ivresse il se présentait rue Gros, chez Mlle Adèle R..., la suppliant de reprendre la vie commune.

Comme Adèle R... refusait de se rendre â ses objurgations, Amédée P... se mit à l’injurier et à la menacer de mort.

Mlle R..., qui habite au rez-de-chaussée, eut le temps de s’enfermer chez elle, mais l’ivrogne brisa la fenêtre à coups de pied. Il allait pénétrer dans la chambre, lorsqu’il perdit l’équilibre, et en tombant se blessa grièvement.

Des agents, accourus aux cris poussés par la jeune femme, transportèrent le blessé dans une pharmacie voisine où il reçut les soins que comportait son état.

Amédée P... a été envoyé â l’infirmerie du dépôt : il sera poursuivi sous l’inculpation de menaces de mort et de violation de domicile.

Le Gaulois — 23 août 1897

 Une femme pauvrement vêtue --- P13

Une femme pauvrement vêtue, ayant un bébé dans ses bras, tombait évanouie, avant-hier soir, sur l'avenue des Gobelins. A la pharmacie où on la transporta, on reconnut qu'elle s'était empoisonnée avec du phosphore. Après avoir reçu des soins, elle a été conduite à l'hôpital Cochin.

Cette malheureuse, qui se nomme Marie Ollivier, est âgée de vingt-sept ans. Fille de cultivateurs aisés de la Bretagne, elle suivit à Paris un voyageur de commerce. Il y a huit mois, elle devint mère. Son amant l'avait abandonnée le mois dernier, la laissant sans ressources. Mourant de faim, menacée d'être expulsée de la chambre qu'elle occupait rue de Patay, la pauvre femme résolut de se tuer.

On pense pouvoir la sauver.

Le Figaro - 24 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash novembre

Dans l'actualité du ...

 25 novembre

Jeudi
25 novembre 1897

Inauguration.

La date d'inauguration de l'hôpital Boucicaut est à présent définitivement fixée c'est mercredi prochain, 1er décembre, que le président de la république inaugurera cet hôpital élevé, on le sait, avec le don magnifique que fit à sa mort Mme Boucicaut.

Hier, quelques malades ont été reçus. Le premier qui s'est présenté est un ouvrier victime d'un accident, qui a aussitôt été admis dans les salles réservées à la chirurgie.

Donc, à partir de mercredi prochain, l'hôpital Boucicaut dépendra du service de l'Assistance publique.


Lu dans Le Gaulois

M. Émile Zola et le dossier Scheurer-Kestner

Un de nos amis, bien renseigné en général, nous a appris hier que M. Émile Zola, en même temps que d'autres écrivains et artistes dont il nous citait les noms, avaient été mis au courant par M. Scheurer-Kestner des preuves par lesquelles il prétendait démontrer l’innocence de Dreyfus.

Nous nous sommes rendu dans la soirée chez M. Émile Zola et lui avons demandé ce qu'il y avait de vrai dans cette information.

Contre son habitude, le célèbre écrivain a été d'un mutisme irréductible devant notre interrogation.

— Je ne vous dirai rien, vous entendez ? Rien sur ce chapitre.

— Mais enfin est-il vrai que vous avez vu M. Scheurer-Kestner ?

— N'insister pas : je ne vous dirai ni oui ni non. C'est la réponse que je ferai à tous ceux qui viendraient m'interroger sur ce point. Je ne dis pas que le moment venu, il ne m'arrivera pas de dire mon mot sur cette affaire mais la chose est trop délicate, vous l'avouerez, pour que je puisse la raconter autrement que sous ma responsabilité et sous ma signature. Malgré la confiance que j'ai dans la façon dont vous avez l'habitude de rendre ma pensée et mes paroles, ne m'en voulez pas, cette fois, de me refuser obstinément, contre mes habitudes, à l'interview.

Telle a été la déclaration catégorique de l'auteur de Paris.

Le nom de M. Paul Bourget ayant été également prononcé, parmi ceux des personnalités qui ont consulté le dossier Scheurer, l'éminent académicien, que nous avons vu, nous autorise à déclarer qu'il n'a jamais entendu parler de l'affaire Dreyfus autrement que par les journaux.


LES RUSSES EN CORÉE

LONDRES, 25, novembre. Le gouvernement russe a reçu du roi de Corée l'autorisation de construire une église et un collège-orthodoxes à Séoul,

Séoul sera relié à la Russie-par une ligne télégraphique qui sera soumise au contrôle russe.


BARCELONE, 25 novembre. Le conseil municipal offrira demain un banquet au général Weyler. Cet acte est attribué au désir de manifester de l'hostilité au gouvernement.


Vienne, 25 novembre. Étant donnée la surexcitation des esprits de part et d'autre. il était facile de prévoir que les scènes scandaleuses dont le Reichsrath a été hier le théâtre reprendraient de plus belle à la séance d'aujourd'hui.


Cent couverts au diner donné, hier soir, à l'Élysée, par le président de la République et Mme Félix Faure en l'honneur des membres des conseils supérieurs et des commissions supérieures de classement de la guerre et de la marine.

Mme Félix Faure avait à sa droite le général Billot, ministre de la guerre, et à sa gauche l'amiral Besnard, ministre de la marine le président de la République avait à sa droite le général Davout, grand-chancelier de la Légion d'honneur, et à sa gauche le général Saussier, gouverneur militaire de Paris.


MESDAMES,

Avez-vous des rides, voire même des bajoues ? Voulez-vous conserver la fraîcheur et l'éclat de votre teint? Êtes-vous obèse ou sur le point de le devenir ? Sans sortir de chez vous, et sans autre dépense que celle de l'appareil, faites usage du « Rouleau électro-masseur » breveté de M. L. Mérigot, 14, rue du Helder. Franco, brochure explicative. Et vous retrouverez, avec la fraîcheur éclatante de vos belles années de jeunesse, la finesse et la souplesse de votre taille.


Le délicieux parfum de l'alcool de menthe de Ricqlès, la fraîcheur exquise qu'il donne il l'haleine le font apprécier comme le plus agréable des dentifrices.

Le Ricqlès conserve aux dents l'éclat et la blancheur; antiseptique puissant il purifie la bouche, détruit les micro-organismes qui s'y trouvent, prévient la carie et les autres maux de dents. Se méfier des imitations, exiger du Ricqlès.

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Flash novembre

 26 novembre

Vendredi
26 novembre 1897

DINER ET SOIRÉE A L'ÉLYSÉE

Cent couverts au diner donné, hier soir, à l'Élysée, par le président de la République et Mme Félix Faure en l'honneur de; membres des conseils supérieurs et des commissions supérieures de classement de la guerre et de la marine.

Mme Félix Faure avait à sa droite le général Billot, ministre de la guerre, et à sa gauche l'amiral Besnard, ministre de la marine le président de la République avait à sa droite le général Davout, grand-chancelier de la Légion d'honneur, et à sa gauche le général Saussier, gouverneur militaire de Paris.

Parmi les autres invités, les généraux de Négrier, Coiffe, Cailliot, Jamont, Renouard, de France, Brugère, Mercier, Duchesne, Toulza, Maillard, Arnoux, commandant les Invalides; de Saint-Germain, commandant la place de Paris; les amiraux Sailandrouze de Lamornaix, Barrera, Gervais, Rieunier, Cavelier de Cuverviile, Brown de Colstoun, le général Freedericksz, de l'ambassade de Russie, etc.


Un service d'actions de grâces sera célébré, ce matin, à l'église de la rue Daru à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de l'impératrice douairière de Russie.


En attendant qu'elle soit admise à exercer son talent oratoire devant les tribunaux parisiens, Mlle Jeanne Chauvin se contente provisoirement de faire preuve d'éloquence dans les environs de la capitale.

Ceux qui ont le désir de voir et d'entendre l'aspirante togata n'ont qu'à se rendre, dimanche prochain, à la mairie du Perreux, où la jeune doctoresse parlera sur a Lamartine et l'éducation du peuple

Un sujet forcément « chauvin ».


Le jury chargé d'examiner les projets envoyés au concours pour le palais de l'Armée et de la Marine à L'Exposition de 1900 a rendu son jugement dans l'après-midi d'hier. Ainsi que nous l'avions lait prévoir, il a décerné le premier prix à MM. Aubertin et Umbdenstock.


Une dépêche de Cannes annonce là retour à Paris de M. Castelin, député de l'Aisne, sur la santé duquel, comme nous l'avons dit, des bruits inquiétants avaient couru.


Retenu par son indisposition, M. Méline, président du conseil, se fera représenter, dimanche prochain, par M. Vassilière, directeur de l'agriculture, à l'inauguration, à Melun, de la statue de Pasteur élevée par les soins du comité des agriculteurs de Seine-et-Marne et des médecins vétérinaires français.


A la séance d'hier à l'Académie française, MM. Pailleron, Mézières, Sully Prudhomme et Jules Lemaître ont été désignés comme membres de la commission chargée d'entendre la lecture du discours que M. André Theuriet, élu en remplacement d'Alexandre Dumas, doit prononcer le 9 décembre, lors de sa réception et de la réponse que M. Paul Bourget doit faire au récipiendaire.


LE ROI LÉOPOLD

Bruxelles, 26 novembre. Le roi, qui se, trouve au château de Laeken, est légèrement atteint de la grippe. Il garde la chambre, mais son état n'offre rien d'inquiétant.


Émouvant sauvetage.

Un incendie se déclarait, hier soir, au numéro 97 de la rue de Paris, à Clichy. Tandis qu'on allait prévenir les pompiers, des appels déchirants partirent d'une mansarde. La fumée rendait l'étage inaccessible. Cependant un jeune homme, M. Lambert, et une locataire de la maison, Mme Delpuron, se portèrent courageusement, vers la mansarde, où, après avoir ouvert la porte, ils trouvèrent, une vieille femme, Mme Catherine Ronsin, qui, au milieu de la chambre, les jupons et la-chemise en flammes, se tordait dans d'atroces douleurs.

M. Lambert et Mme Delpuron jetèrent sur la malheureuse tout ce qu'ils purent trouver de couvertures et parvinrent ainsi à éteindre le feu.

Mme Ronsin a été transportée à l'hôpital Beaujon; on désespère de la sauver. Quant à M. Lambert et à Mme Delpuron, ils ont été blessés tous deux assez grièvement.


Qui aurait cru, il y a quelques années, pouvoir emporter toute une caisse d'eau minérale dans une bonbonnière ! C'est pourtant le miracle réalisé aujourd'hui par tous les chasseurs, touristes ou autres voyageurs en emportant sur soi un flacon de ces comprimés de Vichy si peu volumineux et si commodes pour transformer en un clin d'œil toute eau potable ordinaire en une excellente eau digestive gazeuse.


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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Non, la stérilité n'est pas héréditaire.


348. Le 26 juillet 1897, le Président de la République, M. Félix Faure, visitait l'asile de vieillards du Havre.
La maison de Vertus sœurs vient de créer un nouveau corset dont il est beaucoup parlé en ce moment.
En .délicieux satin .broché, semé de bouquets pompadour sur fond de guipure d'Alençon, il forme avec le jupon assorti un ensemble merveilleux indispensable à toute dame élégante soucieuse de la richesse de sa toilette.
12, rue Auber.
 Léa d'Asco

Léa d'Asco

A propos de sa tentative de suicide

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 Attentat du 13 juin

L'attentat contre le Président de la République 

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Une pauvresse

Une malheureuse femme, Mme veuve Huve, âgée de quarante-huit ans et domiciliée en dernier lieu rue de Flandre, est atteinte, depuis près d'un an, d'ataxie locomotrice. Comme elle se trouve dans l'impossibilité de gagner sa vie, elle s'était fait conduire, hier, à l'hôpital Laennec mais, malgré ses supplications, on refusa de la recevoir.

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Le crime de la rue Basfroi

Avant-hier, c'était un amant qui tuait sa maîtresse qu'il soupçonnait de trahison, aujourd'hui c'est un mari qui assassine l'amant de sa femme.

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 Savon historique

SAVON HISTORIQUE

Doux Congo, fin savon, l'élu de la Victoire,

on célèbre parfum embaumera l'histoire,

Alors tes rivaux, obscurs et confondus,

Seront, depuis longtemps, oubliés... et fondus.

Paul Sincère au savonnier parisien V. Vaissier

Nouvelles à la main

Sur le Pont-Neuf.

Sur le Pont-Neuf. 
Un monsieur passe rapidement, les mains dans ses poches : 
— La charité, mon bon monsieur ? fait le mendiant du coin. 
Le monsieur se fouille, et d'un ton de regret: 
— Désolé, mais je n'ai que des pièces de vingt francs... 
Le mendiant, alors, avec dignité : 
— Je puis vous rendre la monnaie, monsieur...

Dans les couloirs d'un théâtre, un soir de première.

Dans les couloirs d'un théâtre, un soir de première. Un imprésario de province et un ex-directeur de théâtres parisiens, également réputés pour le sans-façon avec lequel ils travestissent couramment la vérité, s'entretiennent d'une affaire.
— Tenez, dit un de nos critiques en les désignant, regardez-les : pour se tromper l'un l'autre, ils sont capables de se dire la vérité !

Mme de B. fait mander le nouveau précepteur de son fils

Mme de B. fait mander le nouveau précepteur de son fils, frais émoulu du baccalauréat -.pas le précepteur et lui reproche avec une véhémente, indignation d'avoir été rencontré, avec son élève dans un établissement aussi chorégraphique que peu édifiant.
Le précepteur, faisant bonne contenance :
— Cela entre, madame, dans mon système d'éducation, Je commence par montrer à votre fils le monde qu'il ne faut pas fréquenter !

Au cercle : Deux messieurs à physionomie de diplomates

Au cercle.
Deux messieurs à physionomie de diplomates s'entretiennent gravement des affaires d'Espagne, et dans la conversation reviennent les noms des Philippines et des Mariannes.
Cet hurluberlu de petit vicomte, qui s'est approché sans bruit :
— Je vous y prends, mes bons, à raconter des histoires de femmes !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 L'ÉTERNEL FÉMININ - 1897

L'ÉTERNEL FÉMININ

Du Passant, dans le Figaro, à propos des femmes-avocates :
On dit que, dans certains procès, la présence d'une femme à la barre pourra être scabreuse. Quels procès ? ceux qui nécessitent le huis-clos ? Mais c'est ceux-là surtout qui sont courus par les femmes on a beau faire évacuer la salle, elles restent fermes au poste, sur leurs chaises. Elles en sont quittes pour écouter derrière leur éventail, comme au théâtre, où elles en entendent d'ailleurs d'aussi raides. Il y aura, malgré tout, des procès où la tâche de l'avocate sera difficile : ces diables d'hommes commettent parfois de ces crimes bien délicats à plaider pour une femme. Ces jours-là, on fera sortir les assistants, et le président pourra reprendre la phrase célèbre : — Maintenant que nous sommes entre hommes, vous pouvez parler, madame…
Dans bien d'autres procès, par contre, il n'y aurait qu'à gagner il être défendu par des femmes. Chaque jour, il se produit entre les deux sexes des malentendus infiniment regrettables : c'est tantôt l'homme -qui- tire un coup de revolver, tantôt la femme qui lance du vitriol. Il y aurait avantage, en cas pareils, à ce que les hommes fussent défendus par des femmes et les femmes par des hommes. Cela ferait -beaucoup pour la pacification. Les jurés se sentiraient plus à l'aise lorsqu'une jolie femme viendrait leur expliquer à la barre qu'il n'y a rien de plus légitime, pou un amant, que d'abandonner sa maîtresse ou, pour un mari, que de tromper sa femme. Ce sont toujours les hommes qui disent ces choses-là : on finit par les croire intéressés. Le jour où les femmes, à leur tour, le diront, il faudra bien qu'on l'admette !

Le Matin – 19 septembre 1897

 LES BARAQUES - 28-12-1897

LES BARAQUES

Sur les boulevards

Paris a pris aujourd'hui sa physionomie de fin d'année.

Déjà, hier, les baraques, planche par planche, s'édifiaient sur les boulevards et dans les différentes voies où elles se dressent tous les ans.

Dès midi, les devantures se sont levées et les étalages sont apparus aux passants Les plus nombreuses industries qui se pratiquent dans les baraques de fin d'année sont les cartes de visite, la maroquinerie et les jouets.

Un temps admirable a présidé, cet après-midi, à l'inauguration aussi les passants étaient-ils nombreux. D'ailleurs, à cette époque, la population parisienne s'accroît des innombrables provinciaux qui viennent « passer les fêtes dans la capitale. »

Enfin, parmi les petits commerces annuels, il ne faut pas oublier les camelots, qui font le plus de bruit et tiennent le moins de place. Les jouets, questions du jour et devinettes ne se sont guère manifestés encore, mais cela viendra et la Noël n'arrivera pas sans que l'ingéniosité faubourienne nous ait donné quelque petite merveille primesautière et satirique.


Place de la République

Sur la place de la République, la fêté foraine battait également son plein cet après-midi, et la foule y était nombreuse, autour des bonisseurs infatigables et des infatigables chevaux de bois. Une musique endiablée, un charivari de plusieurs orgues jouant sans accord, de bruits de grosse caisse et de la gaieté partout.

C'est la foire.


A Ménilmontant — Aux Halles.

C'est la foire aussi boulevard de Ménilmontant, une des foires faubouriennes des plus réputées, où l'on va un peu comme à Neuilly ou place du Trône.

Enfin, aux alentours des Halles, comme tous les ans, des marchands se sont installés mais c'est toujours la même marchandise qu'à la foire et sur les boulevards, le bruit en moins.

La Presse - 20 décembre 1897

 LES PIGEONS VOYAGEURS

LES PIGEONS VOYAGEURS

Dans la Seine — Les entraînés et les non entraînés.

Le Bulletin municipal a publié, il y a quelques temps, l'avis relatif aux prescriptions de la loi du 22 juillet 1896 sur l'installation des pigeonniers.

A ce sujet, il .n'est pas sans intérêt de connaître le nombre de pigeons voyageurs existant à Paris et dans les communes des arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux.

Conformément au décret du 15 septembre qui prescrit chaque année le recensement des pigeons voyageurs, ce recensement a été opéré en janvier 1896. Le résultat de cette opération vient d'être publié.

A Paris, il y a 16,364 pigeons-voyageurs se décomposant en 8,778 pigeons non entraînés et 7,586 pigeons entrainés et se répartissant entre 828 propriétaires.

Dans l'arrondissement de Saint-Denis, il y a 9,071 pigeons voyageurs 4,854 non entraînés et 4,217 entraînés, se répartissant entre 495 propriétaires.

Dans l'arrondissement de Sceaux, 369 propriétaires possèdent 4,800 pigeons dont 3,033 non entraînés et 1,677 entraînés.

Le département de la Seine possède donc 30,235 pigeons voyageurs, dont 16,665 non entraînés et 13,570 entraînés, appartenant à 1,692 propriétaires. Rappelons que la loi du 22 juillet 1896 substitue à la déclaration pure et simple, exigée sous l'ancienne législation, l'obligation pour toute personne voulant avoir un colombier, d'en obtenir préalablement l'autorisation du préfet, et pour toute personne qui reçoit un pigeon voyageur l'obligation d'en faire la déclaration à la mairie.

Le Matin — 4 mars 1897

 POUR LES PHOTOGRAPHES

POUR LES PHOTOGRAPHES

Les bagages et les rayons X — Un cas intéressant — Légitime préoccupation.

Nous avons annoncé qu'à la suite d'expériences faites à la gare du Nord, l'administration se montrerait décidée à installer dans les gares des appareils destinés à l'examen des colis au moyen des rayons X. Un de nos lecteurs, M. Charles Mendel, de la Photo-Revue, nous écrit pour nous signaler que ce système d'exploration du bagage deviendra le point de départ de préjudices toujours considérables pour les personnes qui s'occupent, de photographie. Les plaques sensibles sont très vivement impressionnées par les rayons Rœntgen, et,. pour peu qu'un colis renfermant de ces plaques soit suspecté de contenir des marchandises autres que celles désignées par l'expéditeur, -il sera aussitôt soumis aux expériences investigatrices,: et les plaques sensibles qu'il contient seront irrémissiblement perdues. J'ai donc pensé, monsieur et cher confrère, qu'il était de notre devoir de signaler à qui de droit le danger que peut présenter l'emploi trop généralisé l'instrument dont il s'agit, et j'ai cru bien faire en vous priant de vous joindre moi pour demander, par la voie de votre journal:

1° Qu'un laboratoire éclairé à la lumière rouge soit établi le plus tôt possible dans les gares où s'effectuent les visites et examens dont il s'agit

2° Que tout colis portant d'une façon apparente l'indication « Plaques photographiques » soit écarté soigneusement de la zone d'influence de l'ampoule et, s'il y a lieu, à l’examen, transporté dans le laboratoire rouge, ouvert par un employé compétent avec toutes les précautions d'usage, soigneusement refermé ensuite et réexpédié dans l'état de conservation où il se trouvait avant l'ouverture

3° Qu'il en soit de même pour tout bagage, tout colis porté à la main par le voyageur si celui-ci déclare qu'il contient des plaques sensibles.

Renvoyée qui de droit, cette demande, qui sera appuyée par tous les photographes amateurs.

Le Matin — 19 août 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
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Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

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