Menu haut

SIXIEME ANNÉE N°3279

 

318ème jour de l'année

   


Mercredi
14
Novembre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA CIRCULATION PARISIENNE

LA CIRCULATION PARISIENNE

L'ordonnance relative à la circulation dans les rues de Paris des voitures, des tramways, des automobiles et des bicyclettes vient d'être publiée par les soins de la Préfecture de police. Toutes les ordonnances relatives à la circulation des voitures dans les rues constituant un si inextricable fouillis qu'il était fort difficile aux agents de l'autorité de s'y reconnaître pour l'application des contraventions, M. Lépine avait, il y a deux ans, désigné, pour la préparation d'une ordonnance plus compréhensible, une commission comprenant un certain nombre de conseillers municipaux, de fonctionnaires, de professionnels et d'amateurs.

Cette commission avait pour mission de revoir toutes les ordonnances, d'en élaguer ce qui était suranné et de refondre en une ordonnance nouvelle les principes destinés à assurer la bonne et rapide circulation des véhicules dans les rues de Paris, circulation qui, avec l'augmentation toujours croissante des tramways, des omnibus, des voitures, des automobiles, des camions et des charrettes, menaçait de devenir prochainement à peu près impossible.

Au sujet des voitures à traction animale, les innovations de l'ordonnance préfectorale sont peu nombreuses. Comme par le passé, il est recommandé aux cochers de fiacre d'avoir des chevaux bien attelés, pas blessés, des voitures propres, sans odeur désagréable, une tenue décente, etc.

Pour les automobiles, les prescriptions de l'ordonnance sont déjà connues. Bornons nous à rappeler que ces véhicules, avant d'être admis à circuler, doivent présenter toutes les garanties désirables de sécurité et que, de même, les personnes qui les dirigent dans les rues de Paris doivent prouver qu'elles ont les aptitudes nécessaires.

En ce qui concerne la vitesse des automobiles et des trains-tramways dans les rues de Paris, l'ordonnance la fixe à vingt kilomètres au maximum. Cette vitesse sera réduite à huit kilomètres dans les traverses, aux croisements et sur les pentes.

Quant aux bicyclistes, ils doivent, comme par le passé, avoir un avertisseur et, le soir, une lanterne allumée. Ils ne peuvent former de groupes dans les rues. Il leur est interdit de couper les cortèges, les convois, les troupes et les files de jeunes écoliers qui traversent la chaussée. En cas d'embarras, ils sont tenus de mettre pied à terre. Ils sont également tenus de s'arrêter lorsqu'à leur approche des chevaux manifestent des signes de frayeur. Enfin, il leur est interdit de lutter de vitesse dans les rues.

Le Figaro — 29 août 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V - Le Gaulois cf. 920

LE DRAME DE LA RUE CHARLES-V

Tentative de meurtre et suicide

Au mois de janvier dernier, M. Brigot vendait à M. Eugène Bouly son magasin de parfumerie en gros, situé 2, rue Charles-V (quatrième arrondissement).

Son employé, M. Jacob, poussait activement Bouly à l'achat de la maison. Des pourparlers s'engagèrent et aboutirent à la vente moyennant une somme de trente mille francs.

Bouly garda comme employé et associé M. Jacob. Mais au bout de quelques mois, la maison périclita et Bouly reprochait avec véhémence à Jacob de lui avoir fait faire ce marché.

Des scènes violentes éclataient chaque jour entre les deux associés. Bouly était d'une humeur acariâtre. Il souffrait en effet d'une maladie d'estomac et songeait au suicide.

Tout compte fait, i] devait à son prédécesseur une somme de dix-huit mille francs.

Hier, il achetait un revolver de gros calibre, et dans une longue lettre au commissaire de police du quartier de l'Arsenal, il annonçait à ce magistrat qu'il avait résolu de se tuer et le priait de prévenir de sa mort une jeune femme avec qui il entretenait des relations.

Vers deux heures de l'après-midi, Bouly prenait son revolver pour se brûler la cervelle, lorsque soudain Jacob entra dans la pièce où il se trouvait. Une dernière discussion éclate entre les deux hommes. Tout à coup, Bouly, au paroxysme de la fureur, dirigea son arme contre son associe et fit feu à trois reprises différentes.

Deux balles se perdirent. La troisième atteignit Jacob à la mâchoire inférieure.

Croyant avoir tué son adversaire, Bouly dirigea son arme contre lui-même et se logea une balle dans la tempe droite.

Transporté à l'Hôtel-Dieu, il y expirait dix minutes après son arrivée.

La blessure de M. Jacob, bien que présentant une certaine gravité, ne met pas sa vie en danger.

Le Gaulois — 2 septembre 1897

 Une femme pauvrement vêtue --- P13

Une femme pauvrement vêtue, ayant un bébé dans ses bras, tombait évanouie, avant-hier soir, sur l'avenue des Gobelins. A la pharmacie où on la transporta, on reconnut qu'elle s'était empoisonnée avec du phosphore. Après avoir reçu des soins, elle a été conduite à l'hôpital Cochin.

Cette malheureuse, qui se nomme Marie Ollivier, est âgée de vingt-sept ans. Fille de cultivateurs aisés de la Bretagne, elle suivit à Paris un voyageur de commerce. Il y a huit mois, elle devint mère. Son amant l'avait abandonnée le mois dernier, la laissant sans ressources. Mourant de faim, menacée d'être expulsée de la chambre qu'elle occupait rue de Patay, la pauvre femme résolut de se tuer.

On pense pouvoir la sauver.

Le Figaro - 24 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897
Flash novembre

Dans l'actualité du ...

 12 novembre

Vendredi
12 novembre 1897

Hier, à cinq heures moins un quart, a eu lieu, au restaurant coopératif de l'Exposition le banquet offert par le personnel directeurs aux ouvriers du pont Alexandre-III. M..Picard, commissaire général, n'a pu, malgré son grand désir, y assister.


Une très longue et très importante promotion dans les différentes armes paraît aujourd'hui à l'Officiel.

Le général de brigade Sousselier, disponible, est nommé adjoint au commandant supérieur de la défense de Lille, gouverneur de Lille, en remplacement du général Gaschet, appelé au commandement de la 69ème brigade d'infanterie (18ème corps), à la Rochelle, en remplacement du général Chedeville, placé dans la section de réserve.

Suivent de nombreuses nominations de colonels.


Le président de la République a chassé, hier, chez le comte Potocki. Les invités étaient les grands-ducs Vladimir et Alexis, les généraux de Boisdeffre, Négrier, MM. Hanotaux, Berge, le commandant de la Garenne.

Un déjeuner a eu lieu à la Croix-Saint-Jacques.

A l'issue de la chasse, M. Félix Faure, M. Hanotaux et le commandant de la Garenne se sont rendus au château de Rambouillet. Les grands-ducs ont repris le train pour Paris.


Communication a été donnée, hier, l'Académie francise, d'une lettre par laquelle M. Ernest Daudet pose sa candidature au fauteuil du duc d'Aumale.


M. de Selves, préfet de la Seine, Peyron, directeur, et Voisin, président du conseil da surveillance de l'assistance publique, inviteront, lundi prochain, le président de la République à inaugurer l'hôpital Boucicaut.

La date de la cérémonie sera fixée par M. Félix Faure.


Hier matin, à dix heures et demie, a eu lieu, à Notre-Dame-des-Victoires, la messe solennelle que fait dire tous les ans, le jour de la Saint-Martin, la Société fraternelle des anciens officiers des armées de terre et de mer membres de la Légion d'honneur. S. Em. le cardinal Richard, archevêque de Paris, a présidé la cérémonie religieuse. Mine et Mlle Faure y assistaient avec Mme Hagron.


Un mari bien féroce.

Le nommé Georges Thurston vient de comparaître devant le tribunal de police, à Londres, sous l'inculpation d'avoir attenté à la vie de sa femme. Thurston avait inondé cette dernière de pétrole et y avait mis le feu ensuite.

La femme a été sauvée par un voisin et elle a pardonné à son mari.


Il vient de se fonder à Berlin une société d'assurances qui se propose d'indemniser les patrons employeurs en cas de pertes subies par suite de grèves. En même temps, cette société s'engage à protéger contre l'influence terrorisante des grévistes les ouvriers disposés à travailler.

Le gouvernement prussien a fait inscrire dans les conditions qu'aucune prime d'indemnité ne sera accordée aux patrons qui, par des mesures injustes ou vexatoires, auraient provoqué une grève. Le capital social de cette société, qui nom Industria, est fixé à cinq millions de marks.


Automobile.

Paris-Berlin. Nous avons annoncé, avant-hier, l'arrivée de Corre à Berlin ; l'endurant motocycliste a donc couvert les 1,165 kilomètres qui séparent Paris de Berlin en 94 heures 15 minutes.
Bardin et Osmont sont arrivés hier, à trois heures de l'après-midi à Berlin ; moins endurants que le Breton, ils ont mis vingt-neuf heures de plus, soit 123 heures 15 min. au total.
Ces doubles résultats ne donnent, ni pour Corre ni pour Bardin et Osmont, des vitesses folles, mais il faut tenir compte, en outre de la longueur du trajet, de la pluie, du vent, du brouillard, et surtout du froid.

Nous estimons cependant que l'on pourra, en belle saison, réduire de vingt heures le temps de Corre.

sans titre 1
Flash novembre

 13 novembre

Samedi
13 novembre 1897

LONDRES, 12 novembre. Les délégués de l'administration des postes françaises et anglaises, les représentants des Compagnies des chemins de fer du Nord et London-Chatharnbouth Eastern se sont réunis, hier, à Douvres, pour discuter les moyens d'accélérer le service entre Londres et Paris, surtout en ce qui concerne 1a transbordement des bagages.
Sur la proposition du représentant de la Compagnie du Nord et du délégué des postes françaises, il a été décidé qu'à partir du 1er janvier les bagages seraient enfermés, dans de grands paniers pouvant contenir de trente à quarante colis. Des grues électriques seront établies à Douvres et à Calais pour embarquer ces paniers. On espère gagner vingt minutes par ce moyen de transbordement.


L'AFFAIRE DREYFUS

On affirme que M. Scheurer-Kestner a chargé un avocat de lui rédiger un mémoire juridique lui permettant de poursuivre, auprès du ministère de la justice, les démarches nécessaires pour amener le garde des sceaux à user du droit qui lui est conféré de demander la révision du procès Dreyfus conformément à la loi.
Ce mémoire serait remis lundi ou mardi au garde des sceaux.


LA SANTÉ DE M. DE BISMARCK

Friedrichsruh, 12 novembre. Les bruits défavorables que l'on fait courir au sujet de l'état de santé du prince de Bismarck sont dénués de fondement.
Le prince soufre, il est vrai, de douleurs faciales et d'un peu de rhumatisme, mais il se porte d'ailleurs fort bien.


L'exposition internationale d'animaux de basse-cour et de faisanderie, organisée par le Jardin d'Acclimatation et la Société nationale d'aviculture, a ouvert ses portes hier. Elle comprend plus de deux mille lots d'oiseaux. Installée dans le palmarium, les promenoirs du jardin d'hiver et les galeries de chasse et de pêche, cette exposition présente le plus vif intérêt, non seulement par la variété et le haut mérite des sujets exposés, mais encore par le cadre unique dans lequel elle se développe. Cette exposition, ouverte gratuitement à tous les visiteurs du Jardin d'Acclimatation, ne durera que deux jours encore, aujourd'hui et demain. Le dernier jour, c'est-à-dire demain dimanche à trois heures, aura lieu un lâcher de six mille pigeons voyageurs.


Courrier des spectacles

Aujourd'hui à l'Odéon, à cinq heures précises, deuxième samedi populaire de poésie ancienne et moderne. Des poèmes de Voiture, Rotrou, Sainte-Beuve, Gérard de Nerval, Sully-Prudhomme, Léon Dierx, Georges Courteline, Victor Hugo, Albert Saint-Paul, Gabriel Vicaire, Émile Verhaeren, Ephraïm Mikimel seront lus par Mmes Segond-Weber, Devoyod, Lucy-Gérard, Chassaing, Rabuteau et MM. Philippe Garnier, Rameau, Janvier et Paul Franck.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Échafaud, potence, bûchers sont des stratagèmes avec lesquels les peuples civilisés apprennent à vivre aux criminels.


304. MM. Emile Zola, Jules Lemaître, Edouard Drumont, Léon Hennique, Paul Hervieu et Hebner, son fidèle secrétaire, tenaient les cordons du poêle aux obsèques d'Alphanse Daudet le 20 décembre 1897.
En hiver, un médicament qui empêcherait surement de tousser et de s'enrhumer serait un grand bienfait pour tous. Pour se guérir et se préserver des rhumes, toux, bronchites, catarrhes, asthme, grippe pour se fortifier les bronches, l'estomac et la poitrine, il suffit de prendre à chaque repas deux Gouttes Livoniennes de Trouette-Perret , et ce médicament, si peu coûteux, qui se vend trois francs le flacon de soixante petites capsules dans toutes les bonnes pharmacies, suffit toujours pour enrayer le mal. Bien prendre note que ce médicament ne se détaille pas, et se vend en flacons cachetés, avec le nom Gouttes Livoniennes de Trouette-Perret , et le timbre de garantie de l'Union des fabricants pour la répression de la contrefaçon.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

Lire de suite

 Un voyage en automobile

Un voyage en automobile

par un jeune automobiliste

Lire

Terrible accident

Un malheureux accident, qui a causé la mort de deux personnes, est survenu, hier, soir, à sept heures et demie, rue de l'Université.
M. Charlet, qui gère un établissement de vin au numéro 127 de cette rue, faisait brûler de la paille dans les water-closets afin, disait-il, de détruire les miasmes. A quelques mètres de là, le concierge de l'immeuble, M. Lédard, âgé de quarante et un ans, et sa fille Marcelle, âgée de cinq ans, suivaient l'opération.

Lire la suite ...

Un drame de la jalousie

Léon Moynet, âgé de quarante ans, journalier, et Eugénie Jannin, femme Bossin, d'un an plus jeune, vivaient ensemble depuis plusieurs mois. Ils occupaient, 4, impasse de l'Astrolabe, une chambre au quatrième étage. Le faux ménage avait vécu très uni jusqu'à ces jours derniers ; mais Moynet, ayant cru s'apercevoir qu'un de ses voisins se montrait plus empressé qu'il ne fallait auprès de sa maîtresse

Lire la suite ...
 LE PAIN CHER

LE PAIN CHER

— Non, le pain n’est pas cher, car il est vraiment bon,

Et pendant quinze jours, au moins, on a le même...

— De quel pain parlez-vous ? —Mais du pain de savon

Le plus pur, le plus fin, du doux Congo que j’aime.

A. Boulanger au parfumeur Vaissier.

Nouvelles à la main

 On parlait hier d

On parlait hier d'un mari qui vient de jeter sa femme parla, fenêtre.

— C'est le fait d'un mari tendre et avise, remarqua S…

— ??...

— Sans doute, il n'a pas voulu que l'on puisse dire qu'il a mis sa femme à la porte.

Mme de K

Mme de K..., femme d'un consul, revient en France après un assez long séjour à l'étranger.
Toutes ses amies lui font les compliments les plus flatteurs sur son teint, ses épaules, ses bras.
— Ah! mon Dieu ! s'écrie-t-elle désolée, je suis donc devenue bien laide, qu'elles me font toutes des compliments ?

Mme de B. fait mander le nouveau précepteur de son fils

Mme de B. fait mander le nouveau précepteur de son fils, frais émoulu du baccalauréat -.pas le précepteur et lui reproche avec une véhémente, indignation d'avoir été rencontré, avec son élève dans un établissement aussi chorégraphique que peu édifiant.
Le précepteur, faisant bonne contenance :
— Cela entre, madame, dans mon système d'éducation, Je commence par montrer à votre fils le monde qu'il ne faut pas fréquenter !

Le baron de Rapineau arrive très inquiet chez sa petite amie

Le baron de Rapineau arrive très inquiet chez sa petite amie, la jeune Irma
— Je ne sais pas ce que cela veut dire, s'écrie-t-il, j'ai le nez gelé.
Et la petite amie, qui n'a pas eu à se louer de la générosité du baron au moment des étrennes, de répliquer aussitôt :
— Rassurez-vous, mon cher, c'est un signe d'excellente santé chez les chiens !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 La maison Boudet - 1897

La maison Boudet, boulevard des Capucines, fait en ce moment une splendide exposition d'articles pour étrennes bijouterie, orfèvrerie, maroquinerie, meubles, bronzes, marbres, objets d'art, etc. Nous avons déjà dit que nous avions eu l'occasion de visiter .cette exposition, qui nous a beaucoup intéressé, et que nous y avons remarqué de très beaux articles à très bas prix. Nous pouvons ajouter que tout y est d'un goût exquis.

Le Figaro - 15 décembre 1897

 Le jouet de l'année.- 1897

Le jouet de l'année.

Le jour de l'An approche, et depuis longtemps déjà on cherche le fameux « jouet de l'année », le petit joujou accessible à toutes les bourses, c'est-à-dire ne dépassant pas les trente-neuf sous réglementaires, qui sera vendu sur les boulevards pendant le séjour des traditionnelles et encombrantes baraques. Un rédacteur du Gaulois a visité, hier, quelques-unes des grandes manufactures de jouets, et il a constaté douloureusement que plusieurs sont encore indécises sur la « dernière création » à lancer.
— Autant que possible, il faut que le « jouet de l'année » rappelle un fait parisien très récent, lui a-t-on dit ; c'est pour cela que nous attendons le dernier moment. Sait-on jamais ce qui peut arriver d'un jour à l'autre ?
Cependant une des plus importantes manufactures confectionne par milliers..... savez-vous quoi ?... des petits bateaux en fer !
Un coup d'œil vous ferait tout comprendre. Sur la coque, on lit ce mot : Pothuau ; sur le pont, le tsar et M. Félix Faure, entourés d'officiers français et russes, sont représentés la main dans la main...
— Ah ! la fameuse entrevue de...
— Vous y êtes !

Les Annales Politiques et Littéraires – 12 décembre 1897

 CHRONIQUE DE L'ÉLÉGANCE

CHRONIQUE DE L'ÉLÉGANCE

La pendule phonographe est le dernier cri du progrès. Ce n'est plus la sonnerie intermittente dont il faut soigneusement recueillir les sons qui annoncent l'heure, mais une voix nette et distincte. Le mécanisme remporte également une petite figure qui, à l'heure fixée, apparaît pour prononcer « Diner est servi ». Pour finir la soirée, la même figure apparaît de nouveau et formule: « Messieurs et mesdames, il est l'heure de se coucher. Bonsoir. » Cette dernière façon d'abréger une soirée est particulièrement utile aux maîtresses de maison qui, la plupart du temps, hésitent à donner le signal du départ. A quand la pendule des gens distraits qui leur rappellera leurs occupations à heures fixes, et la pendule conscience destinée à nous guider dans le chemin de la vertu ? Des mécanismes délicats et perfectionnés, capables d'accomplir une œuvre morale aussi élevée, mériteraient la plus grande admiration.

Le Gaulois — 26 septembre 1897

 LE CHAT ARTIFICIEL - Parville - 1897

Le chat artificiel

Toujours l'imagination des inventeurs. Il en est un qui vient d'imaginer un chat artificiel. Parce que le chat naturel a des inconvénients et que l'on peut, en le faisant artificiel, ne lui conserver que ses qualités, celles de faire la guerre aux rats et aux souris. Le chat en chair et en os laisse quelquefois, dans les appartements, un souvenir superflu de son passage ; il est cruel pour les oiseaux et les détruit sans pitié, il vole la cuisinière et enfin... il peut devenir enragé. Ce n'est plus le cas pour le chat artificiel. Il ne dérobe rien, il ne miaule jamais, il ne mange pas les petits oiseaux ; il est fort propre et ne court jamais chez le voisin et cependant il est tout aussi efficace que son congénère pour débarrasser une maison des souris. Qu'est, ce donc que le chat artificiel ?

C'est un animal en plâtre ou en terre glaise que l'on recouvre de la peau d'un chat et qu'on laisse en société de chats pendant un certain temps. Après quoi on barbouille ses faux yeux avec du sulfure de calcium pour les rendre phosphorescents la nuit. Alors, il suffit de déposer ce félin inerte à la cave ou au grenier, partout où l'on redoute la venue des souris. L'inventeur affirme que les rongeurs, en apercevant les yeux flamboyants de leur ennemi héréditaire, en sentant la présence du chat, détalent au plus vite et que, après quelques jours de ce manège, toutes les souris changent de demeure et émigrent au loin. Ce chat industriel est vraiment un chef-d'œuvre d'ingéniosité. Il figurera sans doute à la prochaine exposition du jardin d'Acclimatation. Mais j' aurais aimé connaitre aussi l'opinion des souris sur le nouveau chat de 1897.

HENRI DE PARVILLE.
Les annales politiques et littéraires
17 janvier 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

menu-bas