Menu haut

SIXIEME ANNÉE N°3382

 

56ème jour de l'année

   


Lundi
25
Février 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 LA MORT LA PLUS DOUCE POUR CEUX QUI TUENT - Matin 5/01/97

SANS DOULEUR

LA MORT LA PLUS DOUCE POUR CEUX QUI TUENT 

Idée américaine — L'asphyxie au gaz d'éclairage — La fin de tout pendant le sommeil — Ce qu'en pensent nos compétences — Quelques anecdotes.

Les Américains ne se contentèrent jamais d'avoir des théories originales sur la vie, ils y ajoutent souvent encore des idées bizarres sur la mort. Depuis longtemps, ils se sont d'ailleurs préoccupés de ce problème macabre, mais intéressant comment il convient d'exécuter les condamnés a mort en leur imposant le minimum de souffrance, Et ils sont toujours la recherche du mode d'exécution le plus propre et le plus rapide.

Enfin, nos confrères d'outre-mer prétendent que le problème est résolu. L'électricité ayant donné les plus déplorables résultats, une commission s'est réunie, qu'avait désignée le gouvernement des États-Unis et qui comprenait, outre quelques hommes politiques américains, plusieurs savants notables. Les recherches furent longues, les discussions passionnées, mais elles aboutirent à cette décision que, désormais, l'exécution des condamnés s'imposait, par l'asphyxie au gaz d'éclairage. Le malheureux s'endormirait du- sommeil des justes, surtout les fois où -il serait victime d'une erreur judiciaire, et il ne se réveillerait que de l'autre côté dd grand fossé système, affirmait un des membres de la commission, essentiellement « commode et doux ».

Comme à la fourrière

Il n'est guère probable que vienne jamais à nos gouvernants l'idée de se servir, à la Roquette, du gaz d'éclairage, dont on réserve l'emploi pour la fourrière. Cependant, nous avons voulu savoir ce que nos chimistes pensaient-de cette innovation très américaine; M. Berthelot était, pour cela. Dans son cabinet solitaire de l'immense palais Mazarin, parmi des livres poudreux et des documents amoncelés, Berthelot parait ne se point souvenir qu’il fut, voilà longtemps, ministre des affaires étrangères.

Et le chimiste éminent veut bien nous répondre avec une parfaite amabilité :

— Certes, nous dit-il, l'intoxication par le gaz d'éclairage produit souvent des effets mortels, et les exemples sont innombrables de gens qu'on trouva, dans leur lit, asphyxiés un matin, parce qu'ils avaient oublié, la veille au soir, de fermer leur compteur.

» D'ailleurs, c'est par le gaz d'éclairage qu'on asphyxie les chiens, à. la fourrière de Paris. Les animaux sont mis dans une caisse où aboutit un tuyau à gaz, et l'étouffement produit ainsi est des plus rapides.

Quant aux gens asphyxiés par cette méthode, il est probable qu'ils souffrent au moins quelques secondes, la mort n’étant pas instantanée; il y a des contractions, des soubresauts et, par conséquent, lutte un instant contre l'asphyxie d'où, souffrance certaine.

» II n'y a qu'un procédé immédiat pour amener une mort rapide, foudroyante même, c'est le cyanure de potassium ou l'acide prussique. Une très petite traction dans une tasse de thé, par exemple, et sitôt bu ce mélange, la tête retombe aussitôt sur l'oreiller c'est la mort instantanée. Quant au gaz d'éclairage, il contient une légère proportion, d'oxyde de carbone et ce dernier élément amène l'asphyxie presque immédiate. Il est donc certain qu'avec le gaz d'éclairage on obtiendra des résultats absolument mathématiques et le condamné, après une courte lutte contre la mort, sera rapidement supprimé.

Le mieux dans la mort.

» L'électricité n'avait fourni que des résultats très variables. Le condamné pouvait être tué instantanément; mais il arriva, dans certaines exécutions, qu'il fut secoué par des contractions affreuses et que la mort ne vint pas; selon le tempérament de l'individu et la force des courants, les résultats furent donc souvent modifiés. Avec le gaz d'éclairage, cet inconvénient disparait: mettez le condamné dans une cabine spéciale, hermétiquement dose, introduisez le gaz par un conduit, et, lorsque la cabine sera ouverte, on n'y trouvera plus qu'un cadavre. Ainsi les Américains raisonnent-ils. Sans doute qu'ils veulent éviter la vue du sang et les minutes effroyables qui marquent la marche du condamné vers la guillotine. Cependant, en France, nous voulons, selon la loi, la publicité des exécutions, et, avec le système de l'asphyxie, la constatation publique d'une mort n'est plus possible, Il est donc probable que si les Américains adoptent ce genre de supplice, ils ne réussiront pas à nous l'imposer. »

M. Troost, l'éminent chimiste et membre de l'institut, nous fourni des explications semblables; cependant, il préfèrerait l'oxyde de carbone pur :

— Le gaz d'éclairage, nous dit-il, produit évidemment l'asphyxie certaine. Mais ce gaz se manifeste par une odeur désagréable, d'ailleurs, lorsqu'on a trouvé morts, dans leur lit, un beau matin, des gens asphyxiés par le gaz d'éclairage, on n'a pas pu leur demander s'ils avaient beaucoup souffert.

Enfin, il est absolument sûr que l'oxyde de carbone lequel ne se trouve qu'en faible partie dans le gaz d'éclairage, est un meilleur agent de destruction.

» L'oxyde de carbone peut être amené dans une cabine sans la moindre difficulté; il est insipide, inodore, et chez le condamné qui le respirera, ce sera un arrêt subit des fonctions vitales; une congestion immédiate, le sang figé, la mort sans un cri, sans un mouvement. Le docteur Brouardel a fait, là-dessus, de très curieuses remarques lors de l'incendie de l'Opéra-Comique et établi que l'intoxication par l'oxyde de carbone cloua, morts, dans leur fauteuils, des spectateurs qui ne purent même point se lever.

» C'est donc ainsi que l'on obtiendrait des résultats à peu prés instantanés. Quant à la théorie, pratiquement, c'est difficile à expérimenter. »

Terribles histoires.

M. le professeur Brouardel, le doyen de la Faculté de médecine, vient précisément de consigner dans un gros volume paru voici huit jours à peine, les résultats de ses recherches sur l'asphyxie. C'est là que nous renvoie le professeur dont nous souhaitons connaître l'opinion :

— On nous amène souvent à la Morgue, l'hiver, dit M. Brouardel, de pauvres diables qui, cherchant un abri contre le froid, se sont allé coucher sur des fours à chaux qui abondent aux environs de Paris. Des intoxications d'oxyde de carbone se produisent ainsi, même en plein air, et ces malheureux, que le coma envahit, ne se réveillent plus.

Puis M. Brouardel raconte cette terrible histoire « Au lendemain du sinistre de l'Opéra-Comique, on trouva, dans une salle où se dressait une buvette, vingt-sept personnes assises sur dès banquettes; que l'asphyxie avait immobilisées. Leurs vêtements étaient absolument intacts, et les dentelles les plus fines avaient gardé leurs moindres dessins. Les visages restaient impassibles, comme si la mort avait figé aux lèvres l'expression qu'elles témoignaient. Et cependant la température n'avait pas dépassé 110 à 120 degrés dans cette salle; l'oxyde de carbone avait suffi à cette œuvre effroyable.

Mais le docteur Brouardel nous rappelle aussi l'histoire de ce nommé Dréal, qui nota ses impressions, de dix en dix minutes, pendant que l'asphyxie venait dans la chambre où il s'était enfermé pour mourir.

Il racontait ses souffrances atroces; la bougie s'éteignit et alors il cessa d'écrire, tandis que ses souffrances atteignaient ¡au paroxysme. Le sort de Dréal semblera peut-être digne d'envie aux criminels d'outre-mer, mais jamais en France, sans doute, les condamnés ne pourront espérer passer ainsi de vie à trépas, sans s'y attendre, une nuit, qu'ils dormiront. Nous annonçons, nous, les pourvois rejetés; nous sollicitons des aveux, suprêmes et le public habituel, qu'il ne faut pas frustrer, attend que le petit jour naisse sur la Roquette.

La Matin – 5 janvier 1897

L'actualité dramatique

 UN DRAME AU VITRIOL - La Matin – 6 janvier 1897

UN DRAME AU VITRIOL

A Neuilly — Après la séparation — A la recherche du mari.

Les époux Victor Droguers, demeurant, 109, boulevard Bineau, à Neuilly, se séparaient aimablement, il y a quelque temps, pour cause d'incompatibilité d'humeur. Le mari continuait à habiter Neuilly et la femme allait demeurer, 20, rue Lécuyer, à Montmartre.

Hier matin, Mme Droguers venait retrouver son mari pour régler avec lui diverses questions d'intérêt.

Malheureusement, Victor Droguers n'avait pas accepté la séparation de gaîté de cœur. Une vive discussion surgit entre les deux époux. Le mari supplia sa femme de reprendre la vie commune, la menaçant, si elle refusait, de la tuer et de se jeter ensuite dans la Seine. La femme resta inébranlable dans sa résolution. M. Droguers sortit alors de sa poche un flacon de vitriol et en jeta le contenu au visage de sa femme; puis, affolé par l'acte qu'il venait de commettre, il prit la fuite.

Aux cris poussés par la victime, des voisins accoururent.

Mme Droguers fut transportée à l'hôpital Beaujon, où l'on constata qu'elle avait l'œil gauche perdu. Elle est, en outre, complètement défigurée.

Quant au mari, il a disparu; on craint qu'il n'ait mis son projet de suicide à exécution, et des recherches vont être faites dans la Seine pour découvrir son cadavre.

La Matin – 6 janvier 1897

 Claude Robin ouvrier couvreur

Claude Robin ouvrier couvreur, avait passé toute la soirée de dimanche avec sa maîtresse, Marie Jacques, dans un débit de vins d'Aubervilliers. Tous les deux avaient beaucoup bu, Robin surtout qui avait à faire à Marie une confidence pénible. Il y avait quatre ans qu'ils vivaient maritalement mais Claude avait assez de cette existence et il voulait rompre avec sa compagne. Vers une heure du matin, il s'ouvrit de ce beau projet à Marie. Il n'avait pas encore déduit toutes les raisons militant, d'après lui, en faveur de cette détermination de sa part, dure mais nécessaire, qu'il tombait frappé d'un coup de couteau en pleine poitrine.
Pendant qu'on s'empressait auprès du blessé, la meurtrière prenait la fuite. On n'a pu l'arrêter qu'hier matin, chez elle, rue de l'Union.
Claude Robin dont l'état est très grave a été transporté à l'hôpital Lariboisière.

Le Figaro - 3 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 23 février

Mardi
23 février 1897

ÉCHOS DE PARIS


On a de meilleures nouvelles de la santé du célèbre peintre hongrois Munkacsy, qui, ainsi que nous l'avons dit il y a quelque temps, avait été interné à Endenich, près de Bonn.

Son état, de jour en jour plus satisfaisant, laisse espérer qu'il pourra reprendre bientôt le cours de ses occupations habituelles.

Le malheureux artiste a, parait-il, recouvré la mémoire, l'usage de ses mouvements, reconnaît les personnes de son entourage, toutes choses qui font espérer la prochaine guérison que ses amis et admirateurs souhaitent de tout cœur.


Hier, les Parisiens, non sans quelque étonnement, constataient à nombre de fenêtres la présence de drapeaux américains fraternellement associés aux couleurs françaises les Américains fêtaient le cent soixante-cinquième anniversaire de la naissance de Washington.

C'est surtout dans les riches quartiers, avenue de l'Opéra et Champs-Élysées, que les drapeaux étaient le plus nombreux mais un peu partout, commerçants, banquiers, agences et particuliers avaient pavoise.

La Compagnie transatlantique avait poliment aussi arboré le drapeau étoilé aux longues bandes blanches et rouges.

C'est que c'est une des plus grandes fêtes légales des États-Unis.

L'ambassade et le consulat général des États-Unis sont demeurés fermés toute la journée. Le soir a eu lieu à l'hôtel Continental un banquet donné, en l'honneur de Washington, par le Cercle des Américains anciens élèves des Universités des États-Unis de l'Amérique du Nord fixés en France. Sir Edmund Monson, ambassadeur d'Angleterre à Paris, qui présidait, a prononcé le premier toast, prenant ainsi pour la première fois la parole en public à Paris. Le sujet de son allocution, qui a été fréquemment applaudie, était « Washington et la mère-patrie ». M. Joseph Fabre a répondu au toast sur« Washington et l'alliance française a.

M. Ferdinand Brunetière a parlé ensuite au nom des nouvelles Universités françaises. MM. Pierre de Coubertin, de Blowitz, Adolphe Cohn ont pris successivement la parole, et cette cordiale réunion s'est terminée par l'audition de Washington, sonnet de M. Francis Vielé-Griffin, dit par lui-même.


Funèbres débuts.

Le premier acte officiel des gais compagnons qui fondèrent récemment la Société des « cent kilos », dont nous avons parlé, a été d'accompagner un des leurs au cimetière !

Une vingtaine de « cent kilos », convoqués par des lettres de faire-part imprimées et envoyées aux frais de la Société, se sont réunis avant-hier devant le numéro 3 de la rue d'Aubervilliers, maison mortuaire de leur camarade J Finck, un « cent kilos » qui en pesait exactement cent cinquante-huit.

Sur le cercueil, une superbe couronne portant cette inscription simple et presque touchante « Un groupe d'amis ».

Tristes commencements pour une association dont la raison d'être est la joie et la santé !


Le Jardin d'Acclimatation annonce qu'il va procéder à une vente de volailles, pigeons, oiseaux des îles, singes et animaux divers.


Les affaires de Crète ne troublent pas seulement les esprits, mais aussi par contre-coup les fonctions de l'organisme, d'où troubles gastriques, abdominaux et névrose. Tous ces maux disparaissent infailliblement sous l'action de la chaux, élément apéritif, sédatif et tonique qui forme la base de l'eau de Pougues.


LE DRAME DE LA RUE DU TEMPLE

Un garçon de café, Jean Duchamp, âgé de trente-huit ans, qui, l’avant-dernière nuit, avait tenté d'assassiner à coups de couteau Georges Dufresne, un de ses camarades, a été arrêté hier par la Sûreté. II y a quelques années, Jean Duchamp avait été abandonné par sa femme, qui ne pouvait supporter son caractère violent. Mme Duchamp se liait bientôt avec Georges Dufresne.

Duchamp ayant rencontré Dufresne rue du Temple, le frappa de cinq coups de couteau à l'aine et au ventre, puis s'enfuit rue de Rivoli.

L'état du blessé est grave.

sans titre 1

 24 février

Mercredi
24 février 1897

LA QUESTION CRÉTOISE

Du Gaulois

Nous recevons de Londres la dépêche suivante :

Londres, 23 février, soir.

Les évènements confirment la dépêche que je vous ai adressée hier soir, et vous avez déjà pu constater dans les journaux de Vienne et de Berlin l'exactitude de la nouvelle dont vous avez eu la primeur.

Les puissances n'ont pas envoyé d'ultimatum, au sens propre du mot, et n'ont fixé à la Grèce aucun délai pour l'évacuation de la Crète, parce qu'elles ont le souci légitime de ménager les susceptibilités patriotiques du peuple hellène et du roi Georges, mais elles ont très nettement fait connaître au gouvernement de M. Delyanni leur résolution bien arrêtée de poursuivre et d'obtenir cette évacuation avant de proposer aucune solution.

Le roi de Grèce n'a pas encore répondu à cette notification des puissances, mais, en dépit des manifestations belliqueuses de la foule à Athènes, on espère fermement ici que le Roi saura faire comprendre à son peuple que l'union n'est pas possible en ce moment, et que c'est déjà pour la Grèce un gros succès que d'avoir obtenu que la Crète fût soustraite au gouvernement de la Turquie.

Déjà, dans les cercles politiques d'Athènes, on se montre beaucoup moins intransigeant; il est incontestable qu'il y a un commencement de détente.

J'ajoute qu'on ne croit pas à Londres aux bruits répandus sur des escarmouches en Thessalie.

Les troupes grecques rappelées, le reste ira tout seul, et, une fois l'autonomie de la Crète proclamée, avec suzeraineté et tribut, on persiste à croire, ici, que le gouvernement général de l'Ile sera donné au prince Georges, comme le Gaulois l'a fait prévoir dès le premier jour.


LE TRANSFERT DE LA GARE D'ORLÉANS

M. Georges Cochery, ministre des finances, a reçu, hier, une délégation du groupe des députés et sénateurs appartenant aux régions intéressées au transfert projeté de la gare d'Orléans au quai d'Orsay, qui lui a remis les adhésions de deux cents députés ou sénateurs à ce projet.

Le ministre a promis à la délégation, composée notamment de MM. Amodru, Drake, Alphonse Humbert, Balsan, Goujon, Vacher, etc., de faire tout ce qu'il pourrait personnellement pour hâter la solution de la question.


LA GRACE DE PACOTTE

DIJON, 24 février. D'un correspondant.– La cour, en audience solennelle, présidée par le premier président Maillet, a procédé à l'entérinement des lettres de grâce de l'assassin Pacotte.

La physionomie de l'auteur, du quadruple assassinat de Ruffey. n'a pas changé.

Quand Pacotte, reconduit par les gendarmes, a traversé la salle des Pas-Perdus, de nombreux cris de « A mort! A mort !» se sont fait entendre.


EXÉCUTION A VERSAILLES

M, Deibler a quitté Paris hier soir, avec les bois de-justice, se rendant à Versailles, où il exécutera ce matin le nommé Basset, condamné à mort par la cour d'assises de Seine-et-Oise pour viol et assassinat. Basset avait déjà été condamné à la peine capitale par la cour d'assises de Beauvais, mais l'arrêt ayant été cassé, pour vice de forme, l'assassin avait été renvoyé devant les assises de Versailles.


LA SANTE DE M. DE BURLET

Bruxelles, 24 février. D'un correspondant. L'état de M. de Burlet, ministre de Belgique à Lisbonne, a gravement empiré.


Un beau succès.

C'est le succès remporté par les nouveautés exclusives exposées, 106, rue Richelieu, par la Maison Richelieu, la plus élégante maison de tailleurs de Paris. Costumes, pardessus demi-saison à 75 francs.


BILLET DU SOIR

Le nouveau dictionnaire d'argot, dix centimes, deux sous !

Cela se crie depuis quelque temps sur le boulevard. J'ai eu la curiosité d'y aller de mes dix centimes et j'ai feuilleté le dictionnaire en question, lequel se compose modestement de sept pages imprimées sur du papier à chandelles.

Voulez-vous quelques-unes des expressions nouvellement argotiques que j'y ai cueillies : Agir en traitre (faire du macaroni),cachot (ténébreux), cellule (cillotte), cheval (gail), cinquante centimes (une croque), courir (cavalcader), bougie (camoufle).

Vous voilà bien avancés !Et moi aussi. Ces synonymes n'ont aucune allure pittoresque. L'esprit si complaisamment prêté au gamin de Paris ne s'y reflète guère.

Il me semble même, sans casser l'encensoir au nez du passé, qu'au temps où les personnages d'Eugène Sue « dévidaient le jars » dans les Mystères de Paris, l'argot avait plus d'allure. L'abbaye de Monte-à-Regret pour désigner la guillotine, à la bonne heure Et que d'heureuses onomatopées ! Se tirer des pieds, par exemple, ou jouer la fille de l'air, pour dire « fuir », grincher pour dire voler, tandis qu'aujourd'hui les termes d'argot qui veulent faire image ne sont que prétentieux. Exemple : mirette pour œil, goualeur pour chanteur, faucheux pour ciseaux et même rat de prison pour avocat.

Bref, il me semble que j'ai été volé, pardon, grinché de mes deux sous.

sans titre 1

A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 On a dit que le génie était une longue patience. Et le mariage donc ?


350. Sur le rapport de M. Himly, l'Académie des sciences morales et politiques décernait le 17 juillet 1897 à M. Savorgnan de Brazza le prix Audiffred, de la valeur de 15,000 francs, destiné « à récompenser les plus beaux, les plus grands dévouements, de quelque nature qu'ils soient ».
Les deux plus grands établissements du monde le GRAND HÔTEL DE Paris et l'HÔTEL CECIL DE LONDRES, viennent de faire éditer un Album qui est une véritable petite merveille de goût et d'élégance où jamais l'art si délicat de l'affiche, qui nous a valu la production du Chéret, du Villette, n'a reçu une plus heureuse application. Cette jolie petite plaquette, qui comprend plus de cent illustrations charmantes, mérite de prendre place dans les collections de tous les gens de goût.
 A Montmartre

A Montmartre

Montmartre est au-dessous de ses affaires. On parle d'un huissier qui se disposerait à saisir la Butte.

Lire la suite

 Le cyclone d'Asnieres

Le cyclone d'Asnières

18 juin 1897

Beaucoup de Parisiens ont maudit l'averse qui les surprenait hier soir à cinq heures. C'est cependant à cette pluie diluvienne que des centaines d'habitants de Colombes et d'Asnières doivent de ne point figurer sur la liste des victimes du cyclone qui s'abattit à la même heure sur la banlieue nord-ouest de Paris, y faisant sur deux cents mètres de large et dix kilomètres de longueur, une traînée de dévastation furieuse.

Lire

Le drame de la rue des Maraichers

Au numéro 48 de la rue des Maraîchers, à Charonne, près de la rue des Pyrénées, contigu à la ligne du chemin de ceinture, existe un vaste terrain qui se loue 1 franc le mètre carré et où se trouvent, semées dans un pittoresque désordre, au milieu de jardins minuscules, des roulotes de forains, des baraques en bois du en pisé, des constructions hétéroclites, abritant les chiffonniers ou les gadouards du quartier.

Lire la suite ...

Une bande de malfaiteurs sous les verrous

Le service de la Sûreté procédait, aux mois de juillet et août derniers, à l'arrestation d'une bande de malfaiteurs qui s'étaient rendus coupables, à Neuilly-sur-Seine, à Courbevoie, à Clichy et à Levallois-Perret, d'agressions nocturnes et de vols à main armée,

Lire la suite ...
 MA MÈRE ME DISAIT

MA MÈRE ME DISAIT.

« Délicieux parfum, peau blanche, frais visage,

C'est le philtre d'amour qui dans le conjungo

Tient l'époux enchaîné, même le plus volage.

Tu devras ces attraits au savon du Congo.»

Une nouvelle mariée au parfumeur V. Vaissier.

Nouvelles à la main

 Dernier écho du réveillon

Dernier écho du réveillon.
On a interrompu la partie, dans un cercle sans préjugés, pour festoyer selon la tradition.
Au Champagne, le doyen des habitués se lève pour porter un toast; puis, après l'avoir vidé, il jette .par-dessus son épaule son verre, qui se brise sur le tapis.
— Ce n'est pas comme en Russie fait observer un ponte à son voisin ; ici, c'est l'habitude de faire sauter la coupe.

 Mme X

Mme X. — Fichu animal, va !

M. Z. — Oh ! madame, voilà un fichu qui serait bien mieux placé sur vos épaules que dans votre bouche.

Soirée littéraire dans un salon du meilleur monde

Soirée littéraire, dans un salon du meilleur monde.
Un jeune poète de la dernière école, adossé à la cheminée, achève de dire une poésie glaciale absolument incompréhensible.
On applaudit à outrance, parce que c'est fini.
— C'est sans doute très beau, murmure un brave bourgeois en se penchant vers l'oreille de son voisin, mais je n'aime pas beaucoup la façon de réciter de ce monsieur. Il scande, il scande.
Et l'autre d'ajouter:
— Vous pouvez même dire, il scandinave !

 Au Palais, au sortir du procès Brunetière-Dubout

Au Palais, au sortir du procès Brunetière-Dubout
— Eh bien! le jugement?
— En faveur.de Brunetière.
— Alors, son adversaire ?
— Dubouté de sa demande, parbleu !...

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 La traction par ballon - 1897

La traction par ballon

Amateurs de sensations émouvantes, réjouissez-vous !
Il devait être réservé à cette fin de siècle de voir ce spectacle assurément peu banal.. Après la traction par la vapeur, par l'air comprimé, par l'électricité, voici qu'on va essayer la traction par ballon, non pas en Amérique, le pays des inventions excentriques, mais dans notre vieille Europe, en Bavière, et cela avant la fin de l'année.
Il s'agit d'un chemin de fer de montagne partant de Bad-Reichenhall et destiné à conduire les touristes au sommet du Hochstauffen.

Au lieu d'être remorqué par une locomotive à crémaillère, comme au Righi par exemple, le train, composé de deux ou trois wagons, sera " enlevé " par un ballon de vingt mètres de diamètre ayant une force ascentionnelle de cinq mille kilogrammes.

La ligne, d'une longueur de deux kilomètres et demi environ, est formée d'un rail unique sur lequel roulent les voitures aériennes, maintenues verticales et traînées à la fois par l'aérostat. Pour la descente, il suffit de charger dans la nacelle une quantité déterminée de lest qui, servant de contrepoids, ne permet au ballon d'utiliser que la force exactement nécessaire pour combattre l'effet de la pesanteur et prévenir une dégringolade dangereuse.

APL 19 décembre 1897

 Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Une nouvelle et curieuse manifestation du mouvement féministe !

Il y a quelques jours, un des médecins-chefs de service à l'hôpital de Clerkenwell, à Londres, remarqua, durant sa visite, qu'une des infirmières avait les doigts de la main droite tachés de nicotine, de ces taches particulières aux fumeurs de cigarettes.

Interrogée, la jeune fille répondit qu'en effet elle fumait, mais que c'était seulement en dehors de ses heures de présence dans la salle et dans sa chambre.

Le médecin observa les mains des autres infirmières et put s'assurer que la plupart fumaient la cigarette.

Il signala le fait au Conseil d'administration qui ordonna aux infirmières de renoncer immédiatement au tabac. Toutes répondirent par un refus.

L'enquête faite par le Conseil avait permis de constater qu'aucune des « nurses » ne fumait ailleurs que dans sa chambre.

En vain, les médecins objectèrent-ils que les traces de nicotine laissées sur les doigts des fumeuses pouvaient présenter des inconvénients et offrir des dangers au point de vue de la préparation des médicaments ou simplement du contact. Les infirmières protestèrent qu'aucun de ces inconvénients n'était à redouter chez des femmes obligées, par profession, à se laver les mains, vingt ou trente fois par jour, dans de l'eau phéniquée.

Menacées de révocation, si elles persistaient à fumer, les « nurses » de Clerkenwell ont donné leur démission. Et, dans les autres hôpitaux de Londres, ces demoiselles, parmi lesquelles il est aussi beaucoup de fumeuses, ont organisé la résistance.

C'est la révolution qui s'annonce... Les droits de... la femme, en attendant la Terreur.

Les annales politiques et littéraires

14 novembre 1897

 Tout le monde sait que la reine d'angleterre - 1897

Tout le monde sait que la reine d'Angleterre adore le théâtre elle a même fait construire à Balmoral et à Windsor des scènes minuscules où de temps à autre des représentations sont organisées. Chaque artiste, à son arrivée à Balmoral et à Windsor, a à sa disposition une petite chambre contenant tout ce dont un artiste peut avoir besoin, jusqu'à une boîte de fard. La Reine, pourtant, n'aime pas que les artistes abusent du fard, elle estime que les visages trop poudrés et trop maquillés détruisent l'illusion.
Une fois la représentation terminée, les artistes ont dix minutes pour changer de costume. Un souper leur est servi ensuite. Après le souper vient le moment le plus solennel de la soirée. La Reine fait mander chez elle les principaux rôles et, avec une impartialité qui ferait honneur à tout critique de profession, loue les uns et blâme les autres. L'artiste qui mérite tous ses éloges a le droit d'inscrire son nom dans un livre spécial. Chaque artiste reçoit ensuite un souvenir, une bague, une broche, une épingle de cravate, etc., et la soirée se termine régulièrement à dix heures.

Le Figaro - 9 janvier 1897

 Oscar Wilde - 1897

De Londres

« Oscar Wilde doit sortir définitivement de la prison de Reading demain matin. Avant d'aller se fixer en Italie, il séjournera pendant quelque temps à Paris où un grand journal lui aurait, parait-il, fait des offres brillantes de collaboration. »
Il est à peine besoin de dire que le grand journal dont il s'agit n'est pas le Figaro.

Le Figaro - 4 mai 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

Le journal de 1897 et des environs doit être vu avec un exploreur prenant en charge la mise en colonnes.
Chaque page se crée quand vous la consultez.
Les textes en ligne sont des reflets de la société française de la fin du XIXème siècle. La question est : "le Monde change-t-il vraiment ?".

                 Bonne lecture

menu-bas