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SIXIEME ANNÉE N°3254

 

293ème jour de l'année

   


Samedi
20
Octobre 1897

 Le scandale des Folies-Bergère évité - 15 avril 1897

Le scandale
des Folies-Bergère évité

Une indisposition de commande.
Intervention du préfet de police. — Exhibition interdite

Le Gaulois — 15 avril 1897

Le Gaulois avait signalé avec une indignation légitime les débuts prochains, sur la scène des Folies-Bergère, de l'ex-princesse et nos confrères, convaincus comme nous du scandale formidable que cette exhibition devait fatalement soulever, nous avaient emboîté le pas. Notre juste appel a été entendu. La « débutante » ne débutera pas. Nous en sommes un peu la cause et nous nous en félicitons hautement. En cette circonstance, M. Lépine a droit à nos remerciements et nous les lui marchanderons d'autant moins qu'on sait que les fonctionnaires de la république nous donnent rarement l'occasion de les féliciter.

On lira plus loin à la rubrique du « Courrier -des spectacles » la note officielle que le théâtre des Folies-Bergère nous a adressée pour nous faire savoir que l'ex-princesse ne débutait .pas ce soir sur la scène de la rue Richer.

Cette note nous montre la débutante empêchée par un état maladif d'une certaine gravité. Il y est question d'influenza, de fièvre intense, de complication pulmonaire. A la vérité, et fort heureusement pour l'héroïne en cause, sa santé est excellente et les raisons pour lesquelles les amateurs de scandales ne. la verront pas ce soir sont à un ordre-tout à fait différent.. Les voici dans toute leur simplicité.. Hier matin, M. Marchand, directeur des-Folies-Bergère, était appelé chez le préfet de police, qui lui demandait officieusement de renoncera faire débuter celle qui sur l'affiche devait porter le nom de l'ex-princesse.

Le scandale, prétendait le préfet, serait extraordinaire et des renseignements qui lui étaient fournis, il ressortait que la débutante serait huée, qu'une foule de gens s'étaient procurés des sifflets à roulette et qu'on lui jetterait à la face des lapins vivants, des pelures de pommes de terre et d'autres objets innommables.

M. Marchand répondit au préfet qu'il redoutait autant que lui ce scandale et que si la « débutante » consentait à renoncer à ses projets de paraître sur son théâtre,  il s'en montrerait fort heureux pour sa part. D'ailleurs il craignait si fort les manifestations brutales qu'il avait interdit qu'on servit aucune consommation dans la salle et qu'il avait fait supprimer les petits bancs et les lorgnettes automatiques.

— Puisque vous partagez mon avis lui, dit le préfet, voyez l'ex-princesse, et tâchez qu'elle ne soit pas hostile à nos sages projets.

» D'ailleurs, je vais la convoquer pour ce soir, six heures, et je vous prie de revenir à mon cabinet à la même heure. »

Puis, congédiant M. Marchand, le préfet ajouta :

— Allons, je commence à croire que nous parviendrons peut-être à éviter tout scandale.

A six heures précisés, M. Marchand arrivait à l'hôtel du boulevard du Palais, où, depuis un quart d'heure, la débutante l'avait précédé. L'héroïne fut reçue la première. Le préfet fit valoir à ses yeux les motifs les plus sérieux qui devaient la détourner de s’exhiber à la foule. Comme la « débutante » semblait ne pas goûter ces raisons et qu'elle prétendait avoir le droit de débuter, le préfet lui fit comprendre qu'il ne voulait prendre officiellement aucune mesure vexatoire avant la représentation, mais que si celle-ci était scandaleuse, ce qui était absolument certain, il se verrait dans la nécessité cruelle de sévir en fermant le théâtre où elle aurait eu lieu et en invitant peut-être la «débutante » a quitter le territoire français — mesure qu'il la suppliait de ne pas l'obliger à employer.

Puis, très amicalement, très paternellement, M. Lépine insista sur des questions d'ordre privé.

Il fut éloquent et persuasif, car à six heures et demie précises, l'ex-princesse, très émue, renonçait à paraître sur la scène des Folies-Bergère.

Ce début à sensation n'aura donc pas lieu, et le scandale que nous redoutions et qui eût été plus formidable que nul ne peut le soupçonner, est heureusement étouffé.

La Presse a quelquefois du bon !

*
*      *

En quittant l'hôtel du Palais, Mme Clara Ward est rentrée à son hôtel, où à peine installée, elle a reçu la visite d'un médecin, elle n'a pas eu de peine à jouer le rôle de malade qui doit expliquer au public sa décision de ne pas paraître aux Folies, car elle était effectivement souffrante.

Le docteur a indiqué l'ordonnance suivante:
Prendre par jour, en deux ou trois fois, deux à trois cuillers à potage de la potion suivante, diluée dans un verre de tisane de mauve :

    Acétate d'ammoniaque 15 gr
    Alcool de racine d'aconit 30 gouttes
    Sirop de codéine 100 gr.
    Eau de fleurs d'oranger 40 gr.

Mme Clara Ward n'a pas décidé encore si elle resterait à Paris ou si elle repartirait pour Berlin, où des offres brillantes lui sont faites par la Belle-Alliance, un music-hall renommé sur les bords de la Sprée.

Ce que nous savons, c'est qu'aujourd'hui même l'héroïne de ce petit roman doit aller poser chez un de nos grands photographes dans le costume suggestif qu'elle devait endosser aux Folies-Bergère.

Enfin, cette tragédie finit heureusement en opérette Mme Clara Ward renonce au théâtre, en France du moins, et rentre ainsi dans la vie privée. Nous n'avons plus à nous occuper d'elle, et nous espérons bien qu'il en sera toujours ainsi.

Ajoutons que Mme Clara Ward qui s'est sagement abstenue d'envoyer du papier timbré au Gaulois aurait moins sagement décidé d'en adresser à un de nos confrères.

Maubersac

 Le musée d

Le musée d’assainissement
de la ville de Paris

La plupart des Parisiens ignorent certainement que la Ville est dotée d'un musée d'assainissement qui résume en lui toutes les découvertes et les inventions dont l'hygiène a bénéficié depuis quelques années, notamment en ce qui concerne les maisons d'habitation. Il a fallu que la Préfecture de la Seine s'avisât de demander au Conseil municipal des locaux plus centraux et-mieux appropriés à cette installation pour que le musée lui-même sortît des profondeurs du néant, où il semblait englouti, et se révélât comme un véritable établissement d'utilité publique.

Savez-vous où nous sommes allé, pour notre part, le découvrir, ce fameux musée dont quelques habitants du quartier à peine connaissent l’existence ?

C'est à côté du marché aux bestiaux, au fond d'une impasse derrière le dépotoir, qu'a été reléguée cette intéressante exposition, sous un hangar que l'intelligence pratique de M. Masson, ingénieur des ponts et chaussées, a transformé en un pavillon à peu prés habitable. Au moment où, devant la menace d'une nouvelle épidémie, lès règles de l'hygiène et de la salubrité doivent être l'objet des préoccupations de tout le monde, une visite à ce musée s'imposait.

Un certain nombre de planches, de modèles et d'appareils qui y figurent avaient déjà été exposés en 1889 au palais dès Arts libéraux depuis, on a complété les collections suivant la marche des découvertes et les expériences, concluantes faites par les ingénieurs et les techniciens qui s'occupent plus particulièrement des services d'hygiène.

L'histoire de l'assainissement des habitations parisiennes est à coup sûr d'un captivant intérêt. Sous nos yeux apparaît une série de cartes et de dessins coloriés reproduisant tout d'abord l'intérieur des anciennes maisons de Paris. On y voit des puits mis en contact presque direct avec les fosses d'aisances, on y perçoit les dangers de la contamination' résultant d'infiltrations de toutes sortes, de la disjonction des tuyaux, des odeurs elles-mêmes refoulées par les conduites, dangers permanents d'épidémie, véhicules certains de la fièvre typhoïde et autres maladies contagieuses.

Peu à peu l'administration a fait modifier les anciens systèmes pour arriver au « Tout à l'égout » qui réalise le type le plus conforme aux lois de l'hygiène moderne. Les collections d'appareils sont assez nombreuses, ce sont de nouveaux modèles de siphons, de réservoirs de chasse, d'appareils automatiques qui garantissent non seulement l'évacuation des eaux et des matières, mais encore l'aération et la ventilation des conduites. Le visiteur peut d'ailleurs suivre les progrès de l'assainissement en consultant les planches qui marquent toutes les étapes franchies depuis le douzième siècle. Puis ce sont des modèles de chalets ambulants construits sur roues, des appareils pour élever les eaux de pluie et les eaux de rivière. Une des pièces du musée, est réservée aux propriétaires et architectes qui désirent expérimenter leurs achats et ont besoin de conseils. La dernière partie, vraiment curieuse et instructive, est réservée aux services des eaux d'égout. Celles-ci sont réunies, comme on sait, à l'usine de Clichy où de puissantes machines les refoulent sur les terrains irrigables de Gennevilliers et .de Colombes. Là, une deuxième usine les prend pour les remonter sur les coteaux d'Herblay d'où elles partent, en traversant la Seine, pour aller irriguer Achères. En ce moment, on construit à Pierrelaye une usine qui reprendra à son tour les eaux d'égout pour les déverser du côté de Noisy (Oise).

Une grande carte reproduit tout le travail des eaux d'égout aux environs de la capitale. A côté, c'est le plan de la maison de détention de Nanterre avec son agencement moderne. Les eaux et les matières provenant de cet établissement sont amenées à une usine de refoulement qui les envoie sur un terrain où l'administration cultive des légumes et des fruits d'un rapport d'environ 6,000 francs. A la Ville-Evrard, le même système a produit les meilleurs résultats. Une autre planche nous montre dans leurs détails les travaux d'irrigation à Gennevilliers. A côté est un magnifique jardin qui a bénéficié largement de ce bienfaisant engrais. On y aperçoit d'énormes carrés de choux et de superbes champs de pommes de terre. Un des avantages de cet épandage des eaux d'égout c'est de restreindre de plus en plus l'envoi de ces eaux dans la Seine. Quand les travaux actuellement entrepris seront terminés, le fleuve ne recevra plus toutes les matières organiques et les immondices qui créent sur certains points, notamment du côté d'Asnières, de perpétuels foyers d'infection. Ce jour-là, Paris commencera seulement à s'assainir.

Voilà la morale qui se dégage d'une visite à ce musée municipal.

Jean Pauwels

Le Figaro — 2 février 1897

L'actualité dramatique

 LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

LE DRAME DE LA RUE DE LA RÉUNION

Les frères Amédée et Léopold Lafare, galochers, qui habitent, depuis quelques mois, 50, rue de la Réunion, à Charonne. un petit logement au quatrième étage, vivaient en mauvaise intelligence avec leurs Voisins, les époux Gagnot, journaliers.

Hier soir, à la suite d'une discussion plus violente que de coutume, Gagnot prit un bâton, résolu à infliger une correction à Léopold Lafare qui, dans la journée, avait injurié sa femme. Mais les deux frères, pour se défendre, s'armèrent de marteaux, et une mêlée terrible s'ensuivit.

Tout à coup, les cris « Au secours, à l'assassin » retentissaient dans la maison, et une femme, couverte de sang, tombait sans connaissance sur le palier de l'escalier. C'était Mme Gagnot, qui avait été frappée à la tête d'un coup de marteau par. Léopold Lafare.

Les deux frères s'étaient réfugiés dans leur chambre où ils s'étaient barricadés. Il a fallu huit agents pour s'en rendre maîtres.

Mme Gagnot a été transportée à l'hôpital Tenon.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

 Infanticide

Infanticide

Des mariniers retiraient, il y a quelques jours, du canal. Saint-Martin, le cadavre d'un nouveau-né. M. Carpin, commissaire de police, appelé à procéder aux constatations usitées en pareil cas, s'était fait accompagner d'un médecin qui déclara que l'enfant, une .petite fille, avait été étranglée avant d'être jetée à l'eau. Le corps fut transporté à la Morgue.

On recherchait vainement l'auteur de cet infanticide, lorsqu'un renseignement fourni au commissaire de police lui permit d'arrêter la coupable, une jeune fille de vingt et un ans, qui, arrivée à Paris le 26 juillet dernier, était venue se loger dans un hôtel meublé de la rue des Récollets, où elle avait dit s'appeler Alphonsine Neau. Tout le monde, dans la maison, remarqua qu'elle était dans un état de grossesse très avancé. Aussi se montra-t-on fort surpris quand, quelques jours plus tard, on constata qu'elle avait maigri dans des proportions extraordinaires. Cela parut d'autant plus singulier au propriétaire de l'hôtel qu'Alphonsine Neau s'était toujours opposée à ce qu'on entrât dans sa chambre. Il alla faire part des soupçons qu'il avait conçus à M. Carpin, qui fit aussitôt appeler la jeune fille à son cabinet.

Tout d'abord, elle nia avoir accouché clandestinement, mais, en présence de preuves irréfutables, elle finit par avouer que, dans la nuit du 10 au 11 août, elle avait mis au monde une petite fille qu'elle avait étranglée aussitôt sa naissance. Le lendemain, à la tombée de la nuit, elle était allée jeter le cadavre à l'eau. Elle ajouta que son véritable nom était Angèle Nicaise et qu'elle était âgée de seize ans et demi. Avant de venir à Paris, elle était bonne à tout faire chez un habitant de La Chapelle-sur-Cère (Seine-et-Marne). Angèle Nicaise a été envoyée au Dépôt.

Le Figaro - 25 août 1897

 RAFLE DE VAGABONDS

RAFLE DE VAGABONDS

Un charmeur de rats

La Sûreté a opéré l'avant-dernière nuit une rafle parmi les vagabonds qui cherchent un abri sous les ponts. Quarante-cinq individus ont été arrêtés. Sous le pont des Arts, les agents se sont livrés à véritable chasse à l'homme pour s'emparer des vagabonds abrités dans les ferments servant de soutien au tablier du pont. Pour ne pas tomber dans la Seine, les malheureux qui passent la nuit sous ce pont s'accrochent avec leur ceinture et leurs bretelles. Lorsqu'ils ont vu les agents, ils se sont sauvés d'arche en arche pour gagner l'autre rive, mais des agents les y attendaient et les ont capturés au fur et à mesure de leur arrivée.

Parmi les individus arrêtés se trouve un type très curieux, un nommé Émile Schwartz, âge de quarante ans, qui est sans domicile depuis vingt ans. Schwartz qui parcourt la France à pied, de village en village, est un barnum d'un nouveau genre. Il montre des souris blanches et des rats, qu'il loge sur sa poitrine, au-dessus de la ceinture de son pantalon. En même temps que lui, les agents ont amené à la Sûreté ses pensionnaires. Une odeur insupportable due aux croûtes de fromages avariées et aux fruits gâtés dont Schwartz nourrissait rais et souris, s'échappait des poches du vieux vagabond.

Quand on a fouillé Schwartz, les inspecteurs durent sortir de leur asile rats et souris et les déposer à terre. Chose curieuse, aucun de ces animaux ne se sauva et tous se groupèrent autour de leur maître. Ils attendirent derrière la porte du cabinet de M. Cochefert que leur maître sortit de chez le chef de la Sûreté.

Schwartz a été remis en liberté hier matin, et il a quitté la Sûreté avec ses rats et ses souris, qui y avaient trouvé un asile momentané.

Le Gaulois — 10 septembre 1897

Dans l'actualité du ...

 18 octobre

Lundi 18 octobre 1897

À l'heure présente fait route vers la Russie un volumineux bagage de souvenirs destinés par le président de la République à ceux des sujets du tsar qui l'ont comblé, là-bas, de présents et de gracieusetés.

Les hommes recevront la photographie de M. Félix Faure, soulignée d'un fac-simile de sa signature; les dames, des broches en fil contenues dans des écrins de velours timbrés aux initiales F. F, avec l'ancre de marine.


FRANÇOIS-JOSEPH A BUDAPEST

Budapest, 18 octobre. L’empereur-roi a reçu aujourd'hui une délégation de la ville de Budapest, qui lui a exprimé la gratitude respectueuse de la ville pour sa décision d'ériger à Budapest dix monuments à des Hongrois célèbres.


LORD SALISBURY

Londres, 18 octobre. Le Daily Chronicle croit à un prochain remaniement ministériel, lord Salisbury désirant se retirer pour des motifs de santé.


Londres, 18 octobre. Une note officieuse communiquée aux journaux dément la nouvelle, publiée aujourd'hui par le Daily Chronicle, suivant laquelle le marquis de Salisbury allait donner sa démission par suite du mauvais état de sa santé.

Cette assertion est complètement dénuée de fondement.


M. COCHERY A BRUXELLES

Bruxelles, 18 octobre. Au cours du séjour à Bruxelles du ministre des finances de France, le roi a invité M. Cochery à dîner au palais royal.

Le roi a saisi cette occasion pour dire de nouveau au ministre français qu'il conservait de l'accueil qu'il avait reçu dernièrement à Paris le souvenir le plus agréable.

M. Cochery, avant de repartir pour Paris a longuement visité, ce matin, l'Hôtel de Ville.


CHOULALONGKORN A MADRID

MADRID, 18 octobre. Un concert en l'honneur du roi de Siam a lieu, ce soir, au palais royal.


Un fou rue Montmartre

La rue Montmartre était mise en émoi, hier matin, vers dix heures plusieurs détonations retentissaient au sixième étage du numéro 132, et un chat éventré venait s'abattre sur la chaussée.'

Les gardiens de la paix pénétraient dans l’immeuble et arrêtaient un sieur Paul Flament, employé de commerce, qui ne se résolut à quitter son logement qu'armé d'un revolver et d'un sabre de cavalerie. Flament fut conduit au commissariat, de police de la rue d'Aboukir.

Il raconta à M. Landel, commissaire, que son chat avait avalé, il y quinze jours, un « graphophone » et que, depuis lors, il se permettait, grâce au maudit instrumentas t'injurier et de lui rappeler des choses, fort désagréables.

M. Landel a conseillé à l'employé d'aller consulter M. Bertillon, et le fou est monté dans un fiacre, qui l'a conduit à l'infirmerie du Dépôt.


Un brave commissionnaire de la rue Notre-Dame-de-Nazareth, le père Grosset, demeurant au numéro 16 de la rue, s'est donné la mort, hier, en se pendant au ciel de son lit. Pourquoi ? On l'ignore !


Le baron de Courcel, ambassadeur de France à Londres, est allé, avant-hier soir, à Rambouillet, pour rendre visite au Président de la République, qui l'a retenu à dîner.

M. Félix Faure a donné hier une chasse, dans les tirés de Rambouillet, aux officiers supérieurs de la garnison.


LES CAFÉS CARVALHO

Nous sommes au siècle des falsifications il faut donc signaler les produits sains et purs, surtout quand ils font partie de l'alimentation universelle.,

Les cafés Carvalho, livrés en boites cachetées, sont de ces produits-là, on ne saurait trop le répéter arome exquis, pureté absolue, ce sont leurs principales qualités. Bien exiger le nom et la signature sur chaque boîte.

sans titre 1

 19 octobre

Mardi
19 octobre 1897

Le président de la République quitte Rambouillet ce matin, à six heures, pour rentrer s'installer a l'Élysée. Mme Félix Faure et Mlle Lucie Faure ne partiront que demain.


Nos ministres.

M. Méline, président du conseil, a accepté la présidence d'honneur de la Société des amis de Jules Ferry, constituée à Saint-Dié, dans le but de perpétuer à travers les générations le souvenir de l'ancien ministre de l'instruction publique et d'assurer le dépôt d'un couronne sur sa tombe à chaque anniversaire de sa mort.


A TRAVERS PARIS

L'explosion d'acétylène.

M. Cousin, chez qui s'est produite, à Nogent, l'explosion dont nous avons parlé, nous prie de dire que l'accident est dû à un robinet de l'appareil laissé ouvert par négligence. Une légère explosion s'est produite, sans aucune conséquence, grâce à la bonne confection de cet appareil.


A l'improviste.

Un employé de commerce, M. Renaud, marié depuis peu, accomplit actuellement une période de vingt-huit jours à Beauvais. Dimanche matin, il obtenait une permission de vingt-quatre heures et rentrait à l'improviste chez lui, dans le quartier du Mail. Il trouvait un individu agenouillé aux pieds de sa jeune épouse, et, sans autre forme de procès, sortait un revolver de sa poche et faisait feu sur l'intrus, qu'il blessait à l'épaule gauche.

La victime, un blanchisseur de Vanves, était occupé à compter le linge de la maison. Il a porté plainte contre le mari jaloux, lequel sera poursuivi pour coups et blessures.


Oiseaux au poste.

Plus de quatre cents oiseaux étaient saisis, hier, au marché aux Fleurs, en vertu de l'ordonnance de police sur la chasse qui interdit la vente et le colportage des oiseaux de taille inférieure à celle de la caille, de la grive et du merle, et étaient mis en fourrière au commissariat de police du quartier Saint-Merri.
M. Lawaill, commissaire de police, après avoir verbalisé contre les colporteurs, rendait à la liberté chardonnerets, rossignols et fauvettes, qui se sont réfugiés d'abord sur les arbres du quai de Gesvres, puis ont gagné les vertes campagnes.


Nous croyons être utiles à ceux de nos lecteurs qui sont en voie d'installation par suite de déménagement en leur rappelant qu'ils trouveront dans les immenses agrandissements des grands magasins Dufayel des milliers de mobiliers toujours prêts à être livrés, un grand choix d'étoffes d'ameublement, de tapis, d'articles de chauffage, d'éclairage et de ménage, et une collection magnifique de plats hispano-arabes authentiques.

Demain jeudi, il sera offert à toute personne assistant à une séance du cinématographe Lumière suivie de conférence et d'expériences sur les rayons X, au moyen de la lorgnette humaine de l'ingénieur Séguy; un étui de suprêmes Pernot et un échantillon de Dentol.


De Rome

« La saison a commencé de bonne heure pour le Grand-Hôtel où l'on remarque, à côté de nombreuses familles italiennes, d'aristocratiques étrangers qui s'apprêtent à s'installer pour l'hiver. Parmi les dernières arrivées, M.Vladimir Ratkow, maire de Saint-Pétersbourg, avec toute sa famille. »


De Biarritz :

« C'est une bien heureuse invention que cette passerelle couverte qui relie aux Thermes l'hôtel de Biarritz-Salins Elle rend les communications particulièrement faciles et elle évite aux baigneurs les changements de toilette si nuisibles à l'effet du traitement chloruré sodique.»


Eau de Saint-Galmier

Les variations tout à fait extraordinaires de la température actuelle réveillent bien des indispositions que l'on croyait finies avec l'été. De même qu'en août, on boit n'importe quoi, et l'on paye cher cette insouciance. Il serait si simple de ne jamais oublier la reine des eaux de table, la délicieuse eau de Saint-Galmier, dont la réputation demi-centenaire survit à toutes les concurrences, grâce à ses vertus reconnues.

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A. ALLAISLe bon mot
d'Alphonse Allais

 Je me suis rendu boulevard des Capucines au numéro que vous indiquez. Je n'ai pas montré le champ de colza en question. Peut-être vous serez vous tromper l'adresse ?


352. Le 14 octobre 1897, on apprenait que le conseil de l'instruction publique de Philadelphie avait décidé que les Misérables, de Victor Hugo, étaient un livre immoral dont la lecture devait être défendue aux enfants et qu'il ne devait pas figurer au catalogue des bibliothèques publiques.

LES CAFÉS CARVALHO

Un gourmet bien connu, qui a pris au boulevard la succession de Monselet, disait hier : é Je peux mourir maintenant j'ai bu du vrai café !é
Ce raffiné faisait allusion aux cafés Carvalho, si purs, si parfumés, si exquis, que l'on trouve en boites cachetées dans toutes les bonnes maisons.
Bien exiger le nom et la signature sur chaque boite.
 Etoiles qui filent

ÉTOILES QUI FILENT

(Une nuit passée à l'observatoire)
par

Gaston LEROUX

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 Les foins Theuriet

Les foins

par M. André Theuriet
de l'Académie Française

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Les infortunes de Gravelot.

De son métier, Constant Gravelot est cocher de maison bourgeoise. Il habite ordinairement Château-Thierry et il était arrivé hier à Paris pour se rendre à la gare Montparnasse, où il devait prendre le train pour Parthenay.

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Courageux militaire

Le capitaine Tupinier, appartenant au 94e régiment de ligne, achevait de déjeuner dans l'appartement qu'il occupe, 94, rue Lafayette, au cinquième étage, lorsqu'il entendit marcher à l'étage supérieur, dans la chambre de sa domestique.

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 La tranquillité des maris

LA TRANQUILLITÉ DES MARIS

Le Congo garantit la paix dans la famille;

Les pères, les maris n'auront plus de souci

S'ils donnent un savon à leur femme à leur fille,

Bien loin de se fâcher, elles diront "Merci !".

Mme Putchra au savonnier Victor. Vaissier

Nouvelles à la main

On a, comme de juste, arrêté dimanche,

On a, comme de juste, arrêté dimanche, au Grand Prix, un certain nombre de pickpockets.
L'un d'eux, amené au poste, est interrogé
— Expliquez-nous comment on a trouvé sur vous la montre de monsieur.
— Eh bien, voilà : je voulais voir combien les chevaux mettraient de temps à faire le parcours. Une minute vingt- huit secondes, monsieur le commissaire ! J'en étais écœuré.

A la brasserie. Un consommateur est assis à une table.

A la brasserie.
Un consommateur est assis à une table. Entre un ami.
— Veux-tu prendre un bock ? dit le premier.
— Volontiers. Garçon, un demi.

Un curé auquel on vient de supprimer son traitement

Un curé auquel on vient de supprimer son traitement sans décider à supprimer son zèle et sa charité reçoit la visite maire du village.
Ils font ensemble un tour dans le jardin du presbytère.
— Vous avez vraiment ici, monsieur le curé, un air délicieux
— Oui, monsieur le maire ; mais il serait encore meilleur si j’en pouvais vivre.

 Rapineau parlant d

Rapineau parlant d’un monsieur de sa connaissance :

— C’est un homme d’infiniment de tact. Je l’ai invité plusieurs fois à diner, et il n’a jamais accepté !

 Les deux adversaires se rendant

Les deux adversaires se rendant au lieu de rendez-vous dans le bois de Vincennes, se rencontrent au guichet de la gare de la Bastille.

X... demande un billet aller et retour.

― Vous êtes donc bien sûr de revenir ? dit Z... narquois.

— Absolument sûr.

— Alors je vous fais des excuses, poursuit Z... subitement radouci.


Echos et nouvelles

 Et la pluie continuait de tomber

Et la pluie continuait de tomber !

Depuis que le pluviomètre à l'usage des observatoires a été inventé, c'est-à-dire depuis plus de deux cents ans, il ne s'est jamais rencontré, paraît-il, un mois de septembre aussi mouillé qu'en l'an de grâce 1897.

Aussi les météorologistes sont fort embarrassés d'expliquer ce phénomène. Songez donc que l'observatoire de la tour Saint-Jacques a enregistré dans l'après-midi d'hier, de midi à trois heures seulement, 10 millimètres d'eau ! Cela représente une moyenne de 100 mètres cubes d'eau par hectare.

On essaye de nous consoler en nous rappelant le souvenir de journées plus désagréables encore, celle du 10 septembre de l'année dernière, par exemple, qui, par suite d'une trombe, de funeste mémoire, nous gratifia de 50 millimètres d'eau dans le court espace de deux heures et demie. Mais toutes ces consolations ne valent pas un bon parapluie !

Le Gaulois — 7 septembre 1897

 CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

CONSEILS DE MINISTRES A TABLE

Une idée de M. Méline — Loin des indiscrétions — La préparation des projets.

On ignore généralement qu'en dehors des conseils ordinaires qu'ils tiennent les mardi, jeudi et. samedi de chaque semaine, les ministres, depuis l'avènement du cabinet actuel, ont des réunions non officielles dans lesquelles ils discutent et préparent les affaires qu'ils sont appelés à. résoudre dans les réunions officielles.

Toutefois, les discussions officieuses ont lieu à table, entre la poire et le fromage, pour ainsi dire. M. Méline, en effet, a inauguré ce système il y a un an, en instituant un dîner hebdomadaire qui a lieu le vendredi soir chez chaque ministre à tour de rôle. Comme il y a onze ministres, le tour de chacun d'eux revient tous les trois mois environ. Le président du conseil inaugure chaque série et les autres membres du cabinet continuent suivant un ordre déterminé par les convenances personnelles de chacun d'eux. Ainsi le dernier dîner de ce genre a ou lieu au ministère de la guerre. Là, à l'abri des indiscrétions de la presse, les ministres s'entretiennent dans l'intimité des diverses questions qu'ils traitent et résolvent ensuite officiellement dans les conseils de l'Élysée, sous la présidence de M. Félix Faure. Grâce à ce rapprochement, bien des discussions irritantes, bien des questions personnelles, beaucoup de petits conflits ont pu être prévenus ou heureusement terminés. Seules, les vacances viennent interrompre ces agapes ministérielles c'est ce qui va arriver pendant les vacances de Pâques actuelles.

Ce petit détail de la vie gouvernementale n'avait jamais été révélé jusqu'ici, et il nous a paru assez intéressant pour être signalé au public.

Le Matin — 17 avril 1897

 LA SANTÉ DE NOS SOLDATS - 1897

LA SANTÉ DE NOS SOLDATS

Depuis quelque temps, les dépêches se succèdent annonçant la fièvre typhoïde s'est déclarée parmi des troupes en garnison.

C'est Senlis, Reims, Saint-Dié, Troyes, Ancenis, d'autres villes encore peut-être. Et toujours et partout, c'est l'eau qui engendre la maladie,

Quand il s'agit d'obtenir des troupes qui, apportent un mouvement d'affaires dans une ville, les municipalités n'épargnent ni les démarches, ni les sollicitations ; ni les promesses. La plupart du temps, la faveur demandée est accordée pour des motifs politiques, avec la constante préoccupation des élections.

Aussi, comme les villes n'ignorent pas ce détail, elles se gardent bien de faire les- dépenses qui peuvent assurer .le bien-être et la santé des garnisons qu'un leur donne. L'armée devient ainsi, dans bien des cas, une marchandise électorale, quoique ce ne soit pas précisément pour cela qu'elle existe.

Il devrait être entendu que, lorsqu'il s'agit d'établir une garnison dans une localité, la question d'hygiène — en dehors des considérations stratégiques — peut seule entrer en ligne de compte.

Il faudrait, par exemple, que, quelqu'envie qu'il en ait, un ministre soit lié à ce point qu'il ne puisse accorder une garnison à une ville, où la question de l'eau potable, cette nécessité première, n'est pas résolue.

A Troyes et à Sainte-Savine, les cabarets viennent d'être consignés à la troupe, et il en sera ainsi tant que Troyes ne sera pas pourvu d'eau, potable. Pourquoi de semblables mesures ne sont-elles prises que quand une épidémie a déjà éclaté et fait des victimes ? On sait bien, cependant, que, partout où l'eau n'est pas saine, la lièvre typhoïde, si elle n'éclate pas aujourd'hui, éclatera demain...

Le Matin - 20 septembre 1897

 Si jeunesse savait ... Pub 1897

SI JEUNESSE SAVAIT!...

Si jeunesse savait les dangers auxquels nous expose l'anémie, la triste vieillesse qu'elle nous prépare, dès que les premiers symptômes se manifestent elle prendrait les quatre pots de la confiture Saint-Vincent-de- Paul, qui suffisent pour guérir en vingt jours l'anémie la plus rebelle.
Rappelons donc que la merveilleuse confiture Saint-Vincent-de-Paul est en vente à la Pharmacie des grands boulevards, 178, rue Montmartre, et dans toutes les pharmacies.

 Les squelettes de Choisy-le-Roi

Les squelettes de Choisy-le-Roi.

Le 3 avril dernier, des ouvriers travaillant dans une sablière, située sur le territoire de la commune de Choisy-le-Roi, au lieu dit « la Gare aux Bateaux », sur la rive droite de la Seine, mettaient à jour neuf squelettes assez bien conservés.

On supposa tout d'abord que ces ossements étaient ceux de soldats allemands tués en 1870-71, lors du siège de Paris. La forme de la boite crânienne et le développement des mâchoires semblaient indiquer, d'après l'avis des médecins appelés à -procéder aux constatations médico-légales, qu'on se trouvait en présence de représentants de la race saxonne, âgés de vingt à trente ans. Les squelettes étaient" ceux d'hommes de haute taille et ayant dû être admirablement constitués.

On se souvient que, dans la dernière quinzaine de septembre 1870, un combat eut lieu à Choisy-le-Roi, entre francs-tireurs et Allemands. Une vingtaine de ces derniers furent tués au moment où ils cherchaient à traverser la Seine sur de frôles embarcations. En outre, Choisy et l'Hay furent le théâtre de deux batailles livrées, le 29 octobre et le 30 novembre de la même année, entre le Ce corps allemand et le 13c corps français.

On était donc sur le point de conclure à la découverte de cadavres provenant de l'année terrible, lorsque des vieillards, originaires de Choisy, vinrent infirmer ces suppositions.

Les « vieux » de Choisy rappelèrent que, au cours du sanglant combat qui fut livré en 1814, par Napoléon 1er  aux armées alliées, à Montereau, un grand nombre de soldats allemands, notamment des dragons avaient été précipités dans la Seine et charriés jusqu'à Choisy-le-Roi, où un certain nombre de corps avaient été repêchés puis inhumés au bord du fleuve, à l'endroit même où les ossements viennent d'être découverts.

Après un second examen des squelettes, les médecins constatèrent que l'état de désagrégation des os indiquait, en effet, que l'inhumation devait être bien antérieure à l'année 1870.

Ce qui semble encore corroborer les dires des anciens de Choisy-le-Roi, c'est que l'humus, conséquence nécessaire de la décomposition des corps, a complètement disparu, ce qui s'explique, du reste, par le niveau de l'endroit où la découverte a été faite et la proximité du fleuve. Notons, pour terminer, qu'aucune trace de linge, de vêtements, de boutons d'uniformes ou d'armes n'a été retrouvée près des squelettes.

Le Matin — 7 avril 1897

 La visite du président de la Rép

La visite du président de la République à l'hospice des vieillards de Boulogne

Le président de la République, accompagné général Tournier, des commandants Humbert et Legrand et de M. Le Gall, a quitté, hier, l'Élysée, à deux heures vingt, pour inaugurer le nouvel hospice des vieillards de Boulogne sur Seine.

Reçu au milieu des fleurs, des drapeaux et des vivats par le ministre de l'intérieur, les présidents du conseil municipal de Paris et du conseil général, les préfets de la Seine, de-police, MM. Poirrier, sénateur; Rigaud, député; Escudier, Peyron, etc., M. Félix Faute a répondu aux allocutions de M. Jochum, maire de Boulogne; Gervais et de Selves, par la remise de la rosette d'officier de l'instruction publique à M. Jochum, des palmes académiques à MM. Chevalier, secrétaire de la mairie de Boulogne, Gionnier professeur à l'Association philotechnique, et de la croix du Mérite agricole à MM.. Vidal-Beaume et Chartier.

Au cours de la distribution des médailles d'honneur, l'un des médaillés, vieux garçon de chantier, comptant plus de trente ans de services, voulait absolument, dans sa joie, embrasser lé président.

― On ne donne l'accolade, lui a fait observer M. Félix Faure, que lorsqu'on remet la Légion d'honneur nous verrons plus tard.

La visite de l'hospice a commencé par les dortoirs des  femmes, s'est poursuivie par les bâtiments réservés aux hommes, les cuisines, la machinerie, et s'est terminée par les réfectoires, dans l'un desquels un lunch avait été servi.

M. Gervais, président du conseil générale a porté un toast à la santé du président de la République, qui s'est  retiré, très acclamé, ainsi que M. Barthou.

Le Matin ― 18 mars 1897

Le Journal de 1897

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